La question de l’Eco, la future monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a une nouvelle fois été au cœur des discussions lors de la première rencontre du partenariat stratégique entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a saisi l’occasion pour inviter les États membres à intensifier leurs efforts afin d’accélérer la mise en œuvre de ce projet.
Vers une accélération des réformes
Dans son discours, prononcé le vendredi 12 octobre 2024, Alassane Ouattara a souligné l’importance de la coopération entre les pays de la CEDEAO pour accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires à l’adoption de l’Eco. Il a affirmé que la Côte d’Ivoire est prête à respecter les exigences de convergence dès 2025, et a exprimé son souhait que le processus aboutisse au plus tard en 2026. Le projet de l’Eco, qui vise à instaurer une monnaie unique pour la sous-région, est censé renforcer la coopération monétaire et financière entre les pays membres. « Nos deux pays doivent œuvrer conjointement, et en relation avec les autres pays de la région, pour une accélération des réformes et la mise en œuvre des politiques de convergence, en vue de renforcer notre coopération monétaire et financière. Ceci permettra l’avènement de l’Eco, la monnaie unique que les populations d’Afrique de l’Ouest attendent depuis fort longtemps », a indiqué le président ivoirien lors de son discours.
Cependant, la tâche est loin d’être aisée. Les pays de la CEDEAO affichent des niveaux économiques très disparates, ce qui complique la mise en œuvre des critères de convergence nécessaires à l’avènement de l’Eco. Des pays comme le Nigeria, première économie de la région, le Ghana, ainsi que ceux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) forment une zone monétaire relativement solide, tandis que d’autres, tels que la Gambie, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, présentent encore des écarts significatifs par rapport aux critères fixés.
Une harmonisation encore en discussion
Une réunion importante s’est tenue le 20 septembre 2024 en Guinée Conakry, rassemblant les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays de la Zone Monétaire Ouest-Africaine (ZMAO). Cette rencontre avait pour objectif de discuter des réformes nécessaires et d’aligner les points de vue entre les différentes parties. Si certains progrès ont été réalisés, le communiqué final de la réunion révèle qu’il reste encore des efforts à fournir pour harmoniser les politiques économiques des pays membres.
Le projet d’instauration de l’Eco est complexe, car il concerne des pays aux structures économiques variées. Le Nigeria, poids lourd économique de la région, occupe une place centrale dans ce projet, mais des questions subsistent quant à l’intégration d’autres pays dont les économies sont moins développées. La CEDEAO doit également composer avec la situation géopolitique actuelle, notamment la sortie annoncée de certains pays de l’UEMOA, tels que le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui ont formé une nouvelle entité : l’Alliance des États du Sahel.
