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Afrique du Sud : neuf femmes tuées, la piste d’un tueur en série

La découverte du corps d’une neuvième femme en deux mois à Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, alimente la peur d’un tueur en série en Afrique du Sud. La police enquête toutefois sur plusieurs scénarios et n’a pas encore établi que les neuf meurtres sont liés.

Neuf corps de femmes découverts en deux mois à Ekurhuleni

Le dernier corps a été découvert le 17 septembre à Dawn Park, dans la municipalité d’Ekurhuleni, qui englobe notamment Kempton Park et plusieurs localités situées à l’est de Johannesburg. Cette découverte porte à neuf le nombre de femmes retrouvées mortes dans la zone depuis juillet, selon la police sud-africaine.

Les victimes étaient principalement âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. Plusieurs ont été retrouvées nues ou partiellement dévêtues, certaines avec des blessures présentant des similitudes. Les cinq premiers corps ont été découverts à Kempton Park ou dans ses environs. D’autres l’ont été jusqu’à 25 à 35 kilomètres de cette première zone.

Face à cette succession de découvertes, les autorités ont renforcé leur dispositif. Des policiers supplémentaires ont été déployés et des barrages routiers ont notamment été installés autour de Kempton Park. Une équipe multidisciplinaire réunit désormais enquêteurs spécialisés, experts médico-légaux et membres de l’unité de psychologie d’investigation, chargée notamment des crimes violents en série.

La police refuse encore de parler de tueur en série

Les ressemblances entre plusieurs affaires nourrissent l’hypothèse d’un même auteur. Mais la police appelle à la prudence. Fred Kekana, responsable de la police dans la province du Gauteng, a indiqué que les enquêteurs examinaient « toutes les possibilités », y compris celles de plusieurs suspects ou d’auteurs sans lien entre eux.

Un homme a été arrêté dans le cadre du premier meurtre recensé, celui d’une femme retrouvée ligotée en juillet. Les autorités n’ont toutefois établi aucun lien public entre ce suspect et les autres décès. Cette distinction reste essentielle : à ce stade, parler d’une série de crimes présentant des similitudes est justifié, mais attribuer les neuf meurtres à un seul tueur serait prématuré.

La police offre par ailleurs une récompense de 400 000 rands, soit environ 25 000 dollars, pour toute information susceptible de conduire à l’arrestation du ou des responsables. « Nous ne pouvons pas continuer à ramasser des corps », a déclaré le lieutenant-général Tebello Mosikili, commissaire national adjoint de la police, après la dernière découverte.

Le meurtre d’Elizabeth Moselakgomo provoque une onde de choc

Parmi les victimes figure Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, 38 ans. Elle avait quitté son domicile pour aller courir avant de disparaître. Sa fille de huit ans avait alerté ses proches lorsqu’elle n’était pas rentrée. Son corps a été retrouvé quelques jours plus tard.

L’affaire a provoqué une forte mobilisation. Samedi 19 septembre, des dizaines de personnes vêtues de noir ont participé à une course commémorative à Johannesburg. Des veillées et manifestations ont également été organisées ailleurs dans le pays pour réclamer davantage de mesures contre les violences faites aux femmes.

« Nous ne sommes en sécurité nulle part », a résumé une participante à la course organisée en mémoire de Moselakgomo. Le président Cyril Ramaphosa a de son côté assuré qu’« aucune piste ne serait négligée » dans l’enquête.

Une nouvelle alerte sur les violences faites aux femmes

Ces meurtres ravivent un problème structurel en Afrique du Sud. En novembre 2025, le Centre national de gestion des catastrophes a officiellement classé les violences basées sur le genre et les féminicides comme une « catastrophe nationale », afin de renforcer la coordination des pouvoirs publics. Cette classification ne constituait toutefois pas une déclaration d’état de catastrophe assortie de pouvoirs d’urgence.

Les organisations de défense des femmes critiquent aussi les messages demandant aux femmes d’éviter de marcher ou courir seules. Pour Women for Change, la responsabilité de la sécurité ne peut pas reposer sur les potentielles victimes. Les neuf morts d’Ekurhuleni placent désormais la capacité de la police à identifier rapidement le ou les auteurs sous une pression considérable.

Jérôme-loick ADEGBOLA
Jérôme-loick ADEGBOLA
Rédacteur web passionné, je couvre l'actualité africaine et les grandes tendances mondiales. Je produis des contenus variés et hautement optimisés SEO, pensés pour être lus et trouvés sur Google.
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