L’Afrique du Sud est sous le choc après la découverte de neuf femmes mortes en deux mois dans l’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, tandis que deux suspectes ont comparu pour le meurtre de la neuvième victime. Un dixième corps de femme a parallèlement été retrouvé à Soweto, mais aucun lien avec les neuf autres affaires n’est établi à ce stade.
Neuf femmes retrouvées mortes en deux mois
Depuis juillet 2026, les corps de neuf femmes ont été découverts dans différents secteurs de l’Ekurhuleni, dans la province du Gauteng. Plusieurs victimes étaient âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années. Les similitudes relevées dans certaines affaires ont alimenté les craintes autour de l’éventuelle présence d’un tueur en série.
Le neuvième corps a été découvert le 17 septembre à Dawn Park, à Boksburg. La police sud-africaine avait alors confirmé que cette nouvelle affaire serait intégrée aux investigations déjà ouvertes sur les précédents décès. Une équipe multidisciplinaire spécialisée a été mobilisée pour examiner les dossiers.
Pour autant, les autorités restent prudentes. Les enquêteurs cherchent encore à déterminer si les neuf meurtres sont liés. La police n’a donc pas confirmé l’hypothèse d’un ou plusieurs tueurs en série, malgré les similitudes observées entre certains cas et la proximité géographique de plusieurs scènes de crime.
Deux femmes poursuivies pour le meurtre de Jabulile Ntimba
Une avancée est intervenue dans l’enquête sur la neuvième victime, identifiée comme Jabulile Ntimba. Trois personnes, deux femmes et un homme, ont été arrêtées au cours du week-end. Seules les deux femmes ont finalement comparu devant le tribunal de Boksburg.
Fortunate Masilela et Tsakane Nester Msithini sont notamment poursuivies pour meurtre prémédité ainsi que pour entrave au cours de la justice. Leur prochaine comparution est prévue le 1er octobre, notamment pour l’examen de leur demande de remise en liberté sous caution.
Le troisième suspect, présenté comme le frère de l’une des deux femmes, n’a pas été inculpé en raison d’éléments jugés insuffisants à ce stade. Selon les premiers éléments communiqués, la mort de Jabulile Ntimba pourrait être liée à un différend sentimental. Cette piste reste néanmoins soumise aux conclusions de l’enquête et de la procédure judiciaire.
Un dixième corps découvert à Soweto
Alors que les investigations se poursuivent à Ekurhuleni, un autre corps de femme a été retrouvé dimanche 20 septembre près du barrage de Moroka, à Soweto. La victime, qui serait âgée d’une vingtaine d’années, était enveloppée dans une couette. Son identité n’avait pas encore été confirmée lors des premières communications.
Cette découverte porte à dix le nombre de corps de femmes retrouvés récemment dans le Gauteng et évoqués dans cette vague d’affaires. Toutefois, la prudence s’impose : la police traite pour l’instant le décès de Soweto séparément et n’a annoncé aucun élément permettant de le rattacher aux neuf meurtres d’Ekurhuleni.
Le 15 septembre, avant même la découverte des derniers corps, le président Cyril Ramaphosa avait ordonné que les affaires d’Ekurhuleni soient traitées en priorité. « Aucun effort ne sera épargné » pour retrouver les responsables, avait-il déclaré, alors que ces meurtres provoquaient déjà une forte inquiétude dans les communautés locales.
Les violences faites aux femmes ravivent la colère
Ces décès relancent le débat sur les violences faites aux femmes en Afrique du Sud. En novembre 2025, le Centre national de gestion des catastrophes avait officiellement classé les violences fondées sur le genre et les féminicides comme une catastrophe nationale. Cette décision a placé la coordination de la réponse sous la responsabilité de l’exécutif national.
Le gouvernement a depuis renforcé son dispositif institutionnel. Cyril Ramaphosa a notamment nommé, en juillet 2026, les membres du Conseil national sur les violences sexistes et les féminicides, chargé de coordonner la stratégie du pays dans ce domaine.
L’enquête sur les neuf femmes retrouvées mortes doit désormais établir si les affaires présentent réellement un lien criminel commun. Les poursuites engagées contre les deux suspectes concernent, pour l’instant, uniquement la mort de Jabulile Ntimba. La découverte de Soweto reste elle aussi une affaire distincte tant que les investigations n’ont pas démontré le contraire.
