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Moussa Kaka : au Niger, Alioune Tine réclame des réponses

Un mois après la disparition de Moussa Kaka au Niger, Alioune Tine appelle à une mobilisation africaine et internationale pour retrouver le journaliste. Le fondateur d’Afrikajom Center dénonce le silence autour de cette affaire et estime qu’« absolument rien » ne pourrait justifier une éventuelle arrestation tenue secrète.

Moussa Kaka reste introuvable depuis le 31 août

Moussa Kaka n’a plus donné signe de vie depuis le 31 août 2026. Ce soir-là, le directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS) quitte son bureau à Niamey vers 19 heures pour rentrer chez lui. Il n’arrivera jamais à son domicile. Son véhicule reste également introuvable.

Plusieurs organisations de défense des droits humains demandent désormais aux autorités nigériennes d’établir ce qui lui est arrivé. La FIDH et l’OMCT soulignent que les circonstances exactes de sa disparition restent inconnues. Elles demandent une enquête « indépendante, impartiale et approfondie » et des mesures immédiates pour le localiser.

Human Rights Watch estime pour sa part que les circonstances font craindre une disparition forcée. Cette qualification ne signifie toutefois pas que l’implication des autorités nigériennes est établie. Aucun élément public ne permet actuellement de déterminer qui détient éventuellement le journaliste ni même de confirmer officiellement son arrestation.

Alioune Tine dénonce une « totale indifférence »

Face à ce silence, Alioune Tine hausse le ton. L’ancien expert indépendant des Nations unies sur les droits humains au Mali regrette ce qu’il décrit comme « la totale indifférence de la communauté africaine et internationale ».

Le défenseur sénégalais des droits humains connaît Moussa Kaka depuis longtemps. Il avait déjà participé aux démarches en faveur de sa libération lorsque le journaliste avait été emprisonné sous la présidence de Mamadou Tandja.

Alioune Tine demande aujourd’hui que l’opinion publique africaine, les organisations de défense des droits humains et les institutions régionales se mobilisent. Pour lui, les autorités nigériennes doivent avant tout expliquer où se trouve le journaliste et dans quelles conditions il se trouve.

Quelques jours auparavant, il avait déjà interpellé directement le général Abdourahamane Tiani. « Il faut qu’on sache où se trouve Moussa Kaka », déclarait-il, en demandant au chef de l’État nigérien de fournir des informations concrètes.

Aucune arrestation de Moussa Kaka n’est officiellement confirmée

La prudence reste cependant indispensable sur un point : aucune arrestation de Moussa Kaka n’a été officiellement annoncée. Parler de son « arrestation » revient donc, à ce stade, à envisager l’hypothèse qu’il soit détenu secrètement.

Les autorités nigériennes n’avaient toujours pas communiqué publiquement sur sa disparition fin septembre, selon RSF. L’organisation relevait également qu’aucune ouverture d’enquête n’avait alors été annoncée publiquement.

Cette absence de réponse nourrit les inquiétudes, d’autant que Moussa Kaka est une figure importante de la presse nigérienne. Ancien correspondant de RFI et de RSF, il dirige un groupe de médias qui emploie environ 70 personnes et possède plusieurs antennes régionales.

Sa disparition est également intervenue deux jours après la tentative de coup d’État du 29 août à Niamey. Aucun élément public ne permet toutefois d’établir un lien entre ces deux événements.

Le journaliste avait déjà passé plus d’un an en prison

L’affaire réveille surtout le souvenir de 2007. Moussa Kaka avait alors été arrêté puis inculpé de « complicité d’atteinte à l’autorité de l’État » en raison de ses contacts avec la rébellion touarègue. Ces échanges s’inscrivaient, selon RFI et ses défenseurs, dans son activité journalistique.

Il avait passé plus d’un an en détention avant de retrouver la liberté. Alioune Tine s’était déjà mobilisé à l’époque et dénonçait l’inaction des organisations africaines. Près de vingt ans plus tard, le défenseur des droits humains formule donc pratiquement le même appel.

La différence est majeure : en 2007, la détention de Moussa Kaka était connue et faisait l’objet d’une procédure judiciaire. En 2026, aucune autorité n’a confirmé le détenir. C’est précisément cette absence d’information qui place désormais la localisation du journaliste au centre des demandes adressées au pouvoir nigérien.

Jacqueline OGOUBEYI
Jacqueline OGOUBEYI
Je me nomme Jacqueline OGOUBEYI, je suis journaliste et Rédactrice. J'aime beaucoup la danse, les voyages et la musique. Je m'engage à partager des informations vérifiées sur des sujets ayant trait à la société, le divertissement, la politique.
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