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Éthiopie : l’armée affirme avoir tué 272 combattants du TPLF

L’armée éthiopienne affirme avoir tué 272 combattants du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) lors d’une contre-offensive dans la région de l’Amhara. Ce bilan, impossible à vérifier de manière indépendante, intervient alors que les combats dans le nord de l’Éthiopie connaissent leur plus forte escalade depuis l’accord de paix signé en 2022.

L’armée éthiopienne revendique 272 morts dans l’Amhara

Les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) ont annoncé jeudi 24 septembre avoir repoussé une offensive du TPLF dans la zone de North Wollo, située dans la région de l’Amhara et voisine du Tigré.

Selon leur communiqué, les forces gouvernementales ont lancé une contre-offensive qui aurait infligé de lourdes pertes aux combattants tigréens. L’armée avance un bilan de 272 morts et 260 blessés dans les rangs adverses. Plusieurs combattants auraient également été capturés.

Ces chiffres proviennent exclusivement des autorités militaires éthiopiennes. L’AFP précise ne pas avoir pu les vérifier indépendamment. Aucun bilan précis concernant les pertes de l’armée fédérale ou les éventuelles victimes civiles n’a été communiqué.

Les combats s’étendent au-delà du Tigré

Cette nouvelle confrontation ne se limite plus à la région du Tigré. Des affrontements ont été signalés dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar, sur plusieurs axes stratégiques.

Selon Reuters, les forces tigréennes ont également pris le contrôle des aéroports de Mekele, Axum et Shire avant de lancer des opérations dans les régions voisines. Les combats autour de Lalibela, ville célèbre pour ses églises rupestres classées au patrimoine mondial de l’Unesco, ont conduit à la suspension des vols vers son aéroport.

Le TPLF assume désormais ouvertement la gravité de l’affrontement. Son vice-président, Amanuel Assefa, a déclaré à l’AFP que le mouvement se trouvait dans une situation de « guerre ouverte » avec le gouvernement fédéral.

Les deux camps se rejettent cependant la responsabilité du déclenchement de cette nouvelle phase militaire.

L’accord de Pretoria de 2022 fortement menacé

Les affrontements font craindre l’effondrement de l’accord de Pretoria signé le 2 novembre 2022 sous l’égide de l’Union africaine. Ce texte avait mis fin à deux années de guerre entre les forces fédérales et les autorités tigréennes.

L’Union africaine estime que cet accord reste le cadre central pour éviter une nouvelle guerre. Son président de Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les parties à cesser immédiatement les actions susceptibles d’aggraver la situation et à reprendre des discussions directes.

L’organisation a aussi jugé que la prise des aéroports de Mekele, Axum et Shire par les forces tigréennes était incompatible avec les engagements pris dans le cadre de l’accord de Pretoria.

La crise s’est aggravée après plusieurs mois de tensions politiques et militaires. Quelques jours avant les derniers combats, le TPLF avait rejoint six autres groupes armés dans une nouvelle alliance opposée au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

Le risque d’une nouvelle guerre inquiète la région

L’escalade ravive le souvenir du conflit de 2020-2022, qui avait provoqué une catastrophe humanitaire majeure dans le nord de l’Éthiopie. Les estimations du nombre de morts restent débattues, mais plusieurs centaines de milliers de personnes auraient péri directement ou indirectement pendant cette guerre.

Les habitants du Tigré recommencent désormais à stocker nourriture et argent par crainte d’un retour des pénuries et de l’isolement qui avaient marqué le précédent conflit.

Le risque dépasse aussi les frontières éthiopiennes. L’Union africaine a demandé aux pays voisins de ne prendre aucune mesure susceptible d’alimenter l’escalade. Les relations tendues entre Addis-Abeba et l’Érythrée renforcent notamment les inquiétudes concernant une possible régionalisation du conflit.

Le bilan de 272 combattants tigréens tués reste donc, à ce stade, une affirmation de l’armée éthiopienne. Mais la multiplication des offensives, la reprise de positions stratégiques et le discours désormais ouvertement guerrier des protagonistes montrent que la fragile paix obtenue en 2022 est sérieusement menacée.

Leonce HOUNLIHO
Leonce HOUNLIHO
Passionné du sport et de l'actualité people, Léonce HOUNLIHO a découvert le domaine des relations internationales, il l'a saisi et ne la lâchera plus jamais !
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