Les législatives au Maroc placent le Parti authenticité et modernité (PAM) en tête avec 97 sièges sur 395, selon les résultats provisoires annoncés jeudi 24 septembre. Le scrutin est aussi marqué par le net recul du RNI, le retour du PJD et une participation limitée à 38,02 %.
Le PAM arrive en tête avec 97 sièges
Le PAM devient la première force de la Chambre des représentants avec 97 élus. Il devance nettement le Rassemblement national des indépendants (RNI), crédité de 66 sièges, et le parti de l’Istiqlal, qui en obtient 65. Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dévoilé ces résultats provisoires dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le Parti de la justice et du développement (PJD) arrive quatrième avec 54 députés. Suivent le Mouvement populaire avec 29 sièges, l’USFP avec 26, le PPS avec 19 et l’Union constitutionnelle avec 17. Aucun parti ne s’approche seul de la majorité absolue de 198 sièges, ce qui rend inévitable la recherche d’alliances pour gouverner.
Le PAM faisait déjà partie de la coalition sortante avec le RNI et l’Istiqlal. Son arrivée en première position ne constitue donc pas un basculement complet de majorité, mais elle inverse le rapport de force au sein du trio qui dirigeait le pays depuis 2021.
Le RNI perd 36 sièges par rapport à 2021
Le principal revers de ces législatives au Maroc concerne le RNI. Le parti avait remporté 102 sièges en 2021 et conduit la coalition gouvernementale autour d’Aziz Akhannouch. Il tombe cette fois à 66 députés, soit une perte de 36 sièges.
Ce recul intervient après cinq années durant lesquelles le gouvernement a dû affronter les critiques sur le coût de la vie, le chômage et plusieurs mouvements de contestation. Reuters souligne que le RNI a également été visé par des accusations de conflits d’intérêts, rejetées par le parti. Aziz Akhannouch avait quitté cette année la direction de la formation et ne se représentait pas.
L’Istiqlal recule lui aussi, passant de 81 sièges en 2021 à 65 selon les résultats provisoires. Malgré ces pertes, les trois partis de l’ancienne coalition conservent ensemble une majorité théorique à la Chambre. Cela ne signifie toutefois pas qu’ils reformeront automatiquement le même gouvernement.
Le PJD signe un retour spectaculaire avec 54 députés
Le résultat du PJD constitue l’autre fait politique majeur. Le parti islamiste passe de seulement 13 sièges en 2021 à 54 cette année. Il multiplie ainsi par plus de quatre sa représentation parlementaire et retrouve une place importante dans l’opposition.
Le contraste avec 2021 est particulièrement fort. Après avoir dirigé le gouvernement pendant une décennie, le PJD avait subi une défaite historique cette année-là. Son retour s’effectue sous l’impulsion de son ancien chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, revenu au premier plan du parti. Reuters estime que cette dynamique a contribué à son rebond électoral.
Le PJD reste néanmoins loin des 125 sièges remportés en 2016. Sa progression confirme surtout que son effondrement de 2021 ne l’a pas durablement écarté du paysage politique marocain.
La participation tombe à son plus bas niveau depuis 2007
Seulement 38,02 % des quelque 15,8 millions d’électeurs inscrits ont voté. En 2021, la participation avait atteint 50,35 %, dans un contexte particulier où les législatives étaient organisées en même temps que les élections communales et régionales.
Il faut remonter à 2007, lorsque la participation avait avoisiné 37 %, pour trouver un niveau inférieur. L’abstention redevient donc l’un des principaux enseignements politiques du scrutin, alors que la défiance des jeunes envers les institutions et les partis avait déjà marqué la campagne.
Le ministère de l’Intérieur affirme que le vote s’est déroulé « dans des conditions normales », hormis quelques incidents isolés. La prochaine étape sera la formation d’une majorité. Selon la Constitution de 2011, le roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. Le PAM se retrouve ainsi en position centrale dans les négociations qui vont désormais s’ouvrir.
