Le rappeur et militant togolais Tchala Essowè, alias Aamron, a de nouveau été arrêté vendredi 19 septembre 2025, avant d’être relâché quelques heures plus tard. Très critique envers le gouvernement de Faure Gnassingbé, l’artiste a été placé sous contrôle judiciaire, son passeport confisqué et ses déplacements hors du territoire désormais interdits.
Une voix dissidente sous contrôle
Aamron, figure de proue du rap contestataire au Togo, est dans le viseur de la justice. Selon RFI, qui cite ses avocats, il est poursuivi pour « incitation à la révolte », « diffusion de fausses nouvelles » et « outrage envers les plus hautes autorités de l’État ». Des accusations lourdes que ses proches qualifient d’infondées.
Cette arrestation s’inscrit dans un contexte marqué par ses rencontres entre juillet et septembre 2025 avec Gnakadé Essossimna, ancienne ministre de la Défense incarcérée pour « atteinte à la sûreté de l’État » après avoir appelé à la démission du président. Les autorités cherchent à établir si le rappeur a joué un rôle dans les faits reprochés à l’ex-ministre. Mais pour ses avocats, le dossier est « totalement vide », révélateur d’une tentative d’intimidation politique.
Un militant sous pression constant
Ce n’est pas la première fois qu’Aamron fait face à la répression. Le 26 mai dernier, il avait déjà été arrêté pour avoir publiquement critiqué les autorités. Sa détention avait alors pris une tournure controversée : il fut interné de force dans un hôpital psychiatrique pendant quatre semaines, avant d’être libéré le 21 juin. Cette mesure avait provoqué une vive indignation dans l’opinion publique et au sein de la société civile, qui dénonçaient une instrumentalisation de la psychiatrie à des fins politiques.
Cette nouvelle interpellation confirme la volonté du régime de maintenir la pression sur l’artiste, devenu au fil des années une voix symbolique de la contestation. Interdit désormais de voyager, Aamron devra continuer son combat depuis Lomé, sous surveillance étroite. Ses soutiens, eux, redoutent un musellement progressif de ses activités artistiques et militantes, alors même que ses textes engagés trouvent un écho croissant auprès de la jeunesse togolaise.
