Arrêté fin mai après un appel à la mobilisation symbolique contre le président Faure Gnassingbé, le rappeur togolais Aamron a été libéré le samedi 21 juin. Son interpellation et son internement au centre psychiatrique de Zébé avaient provoqué un tollé au sein de la société civile et mobilisé plusieurs figures de l’opposition. Malgré sa remise en liberté, les appels à manifester se multiplient dans un climat de tension croissante.
Un internement qui soulève des questions
Le 26 mai dernier, Aamron a été arrêté en pleine nuit à son domicile, puis interné sans jugement à Zébé, un hôpital psychiatrique situé à une cinquantaine de kilomètres de Lomé. Cette interpellation faisait suite à une publication sur les réseaux sociaux dans laquelle le rappeur appelait à une mobilisation ironique le jour de l’anniversaire du président togolais.
L’événement a rapidement déclenché une vague d’indignation dans le pays. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une tentative de museler une figure critique du régime. Une semaine plus tard, Aamron apparaissait dans une vidéo, visiblement affaibli, s’excusant et évoquant des soins pour troubles psychologiques. Une séquence qui a nourri de nombreuses interrogations sur les conditions de son internement et sur son état de santé réel.
Une mobilisation qui s’intensifie
Si la libération du rappeur Aamron a été saluée, elle n’a en rien atténué la détermination des acteurs de la société civile. Des manifestations sont annoncées pour les 26, 27 et 28 juin, avec pour mots d’ordre : la libération de tous les prisonniers politiques et la démission du président. « C’est une première victoire, mais elle est incomplète », a déclaré l’artiste Zaga Bambo, appelant à maintenir la pression.
Lors d’un direct organisé en ligne, plusieurs figures engagées, dont Farida Nabourema, le commandant Olivier Amah et le journaliste Ferdinand Ayité, ont exhorté les citoyens à rester mobilisés. Tous voient en Aamron un symbole du combat pour les libertés et refusent que cette libération occulte les violences subies ou les revendications profondes du peuple togolais.
