Au Nigeria, la Chambre des représentants a adopté une loi qui ordonne, à la Commission nigériane des communications (NCC) de bloquer l’accès aux sites web diffusant du contenu pornographique. C’était le 11 mars 2025. Une décision qui s’inscrit dans une volonté de moralisation de l’espace numérique, mais qui suscite déjà un vif débat dans le pays.
Une interdiction justifiée par des raisons religieuses et morales du Nigeria
Portée par le député Dalhatu Tafoki, cette loi impose aux fournisseurs d’accès à Internet de restreindre l’accès aux sites pour adultes sous peine de sanctions. « La pornographie en ligne devient rapidement un problème mondial, et aucune mesure concrète n’a été prise pour limiter ce phénomène au Nigeria », a justifié le parlementaire. Il insiste également sur l’identité religieuse du pays, où les grandes confessions interdisent la nudité et l’obscénité sous toutes leurs formes.
Le Nigeria s’aligne ainsi sur plusieurs pays africains ayant adopté des lois contre l’accès aux sites phonographiques. En Égypte, la production et la diffusion de contenus pornographiques sont strictement interdites, tandis qu’en Ouganda, une loi controversée interdisant l’accès à ces sites a été appliquée en 2014 avant d’être abrogée en 2021 sous la pression des défenseurs des libertés. La Tunisie et le Maroc disposent également de réglementations limitant la production de contenus pour adultes, bien que des moyens de contournement existent.
Un débat entre censure et liberté d’accès à Internet au Nigeria
Si certains Nigérians saluent cette initiative comme une mesure de protection des valeurs traditionnelles et de lutte contre l’addiction à la pornographie, d’autres dénoncent une atteinte aux libertés numériques. Des voix s’élèvent pour critiquer le risque de dérive vers une censure plus large d’Internet, sous prétexte de préserver la morale publique.
En Afrique du Sud, par exemple, l’accès à la pornographie est strictement réglementé sans être totalement interdit, ce qui permet de mieux encadrer la diffusion des contenus. Au Nigeria, il est probable que des solutions de contournement comme les VPN soient rapidement utilisées par ceux qui souhaitent accéder à ces plateformes. Alors que la NCC est désormais chargée de mettre en œuvre cette loi, les débats restent vifs sur la nécessité d’un équilibre entre préservation des valeurs et respect des droits numériques des citoyens.
