Retrait des pays de l’AES de la CEDEAO : « une grande opportunité que les autres États doivent saisir », analyse Dr Faton

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Retrait des pays de l’AES de la CEDEAO : « une grande opportunité que les autres États doivent saisir », analyse Dr Faton

S’il y a un sujet qui fait l’actualité dans la sous-région ouest africaine depuis le dimanche 28 janvier 2024, c’est celui qui secoue la CEDEAO, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, à savoir le retrait des trois pays de l’Alliance des États du Sahel, que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En sa qualité de spécialiste en Communication politique et géopolitique de l’information, Dr De-Laure Laurent FATON, Maître Assistant des Universités du CAMES en Communication fait une analyse qui s’éloigne de celle commune.

Voici son analyse publiée sur sa page Facebook

CRISE AU SEIN DE LA CEDEAO : FACILITONS LA RUPTURE ET PENSONS À LA CRÉATION DE L’ÉTAT DU GOLFE DE GUINÉE*

Dr De-Laure Laurent FATON, Maître Assistant des Universités du CAMES en Communication, Spécialiste en Communication Politique et Géopolitique de l’information

*Le retrait des États du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté Économique des États de l’Afrique du l’Ouest (CEDEAO) dans la journée du dimanche 28 janvier 2024, contrairement à ce que pensent plusieurs personnes, est une grande opportunité que les autres États doivent saisir pour créer la Communauté des États du Golfe de Guinée (CEGG).* Une nouvelle communauté à transformer en l’État du Golfe de Guinée.

En effet, le retrait de ces trois pays qui consacre la création de l’Alliance des États du Sahel ( AES) est la suite logique de la crise qui secoue la Communauté depuis l’enchaînement des coups d’État dans la sous-région.

*À la vérité, il ne sert absolument à rien de vouloir maintenant une communauté qui a fini par monter toutes ses limites dans l’atteinte de ses objectifs*. La CEDEAO n’a jamais réussi à être véritablement une communauté depuis sa création le 28 mai 1975. Car, *elle a toujours vécu dans un bicéphalisme philosophique et géopolitique inavoué entre les pays du Sahel et ceux du Golfe de Guinée (ceux qui ont accès à la mer et ceux qui n’en ont pas).* La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’est en réalité que la manifestation d’une crise séculaire jamais reconnue.

Sans être un partisan de la balcanisation de l’Afrique, je pense que la division de la CEDEAO en deux communautés géopolitiquement et philosophiquement plus proches ne serait que bénéfique pour notre développement. Cela dit, je ne fais aucunement abstraction des nombreux liens culturels et économiques qui unisseent les deux communautés. Mais dans une démarche politique, les questions géopolitique et philosophique priment toujours.

*Une telle démarche aiderait les deux communautés à redéfinir de nouvelles orientations et structurations pour mieux faire face aux défis et enjeux actuels.* Car, il ne sert plus à rien de tourner en rond et croire que la CEDEAO pourrait encore exister comme par le passé et atteindre ses objectifs.

*La création de la Communauté des États du Golfe de Guinée (CEGG) après celle de l’Alliance des États du Sahel (AES) permettra désormais aux deux espaces de mieux discuter et définir les termes d’un nouveau partenariat stratégique et fiable pour le bien de nos populations.*

Donnons aux peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger la liberté de faire leur nouvelle expérience et faisons aussi la nôtre.

Tankpè, ce 1er février 2024

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