Le président de la transition au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a lancé de graves accusations ce jeudi 11 juillet 2024, contre le Bénin et la Côte d’Ivoire. Lors d’une rencontre avec les forces vives de la Nation à Ouagadougou, il a affirmé que ces deux pays abriteraient des bases terroristes opérées par des militaires français, visant à déstabiliser le Burkina Faso et d’autres pays du Sahel. En réponse, Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois, a apporté des clarifications sur sa page Facebook, rejetant fermement ces accusations.
Déclarations d’Ibrahim Traoré
Lors de son discours, le capitaine Ibrahim Traoré a affirmé que le Bénin et la Côte d’Ivoire hébergeaient des bases militaires françaises où des terroristes seraient formés pour attaquer les pays du Sahel, y compris le Burkina Faso. Il a spécifiquement mentionné deux bases situées à Kandi et près de Porga au Bénin, en précisant que ces sites possédaient des pistes d’atterrissage réaménagées pour des opérations aériennes régulières.
Traoré a soutenu ses accusations en affirmant que le Burkina Faso, le Mali et le Niger disposaient d’enregistrements audio prouvant l’implication directe d’agents français opérant au Bénin dans des activités terroristes. Il a critiqué les régimes béninois et ivoirien, tout en soulignant que ses critiques visaient les actions des dirigeants et non les populations civiles de ces pays.
Réponse du gouvernement béninois
Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois, a rapidement réagi aux accusations via un message publié sur sa page Facebook. Il a rejeté ces affirmations, les qualifiant de « désinformation » visant à alimenter la rancœur des populations et à menacer la coexistence pacifique des peuples. « C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Les attaques terroristes enregistrées par le Bénin à ce jour, dont la grande majorité a été déjouée par nos Forces de défense et de sécurité, sont l’œuvre de gens venant de l’autre côté de nos frontières avec le Burkina-Faso et le Niger. C’est d’ailleurs ce qui a amené le Gouvernement du Bénin, dans sa stratégie pour contrer le phénomène, à construire pour compter de 2022, de petits camps militaires appelés bases opérationnelles avancées, dans plusieurs de nos communes frontalières », a déclaré Wilfried Léandre Houngbédji.
Le porte-parole a également expliqué que le gouvernement béninois avait, dès 2022, mis en place une stratégie de sécurité incluant la construction de petits camps militaires, appelés bases opérationnelles avancées, dans plusieurs communes frontalières. Ces mesures visent à renforcer la sécurité du pays face aux menaces terroristes. Houngbédji a insisté sur le fait que ces bases n’avaient rien à voir avec des activités terroristes, mais étaient plutôt des installations défensives pour protéger le territoire béninois.
Les accusations du président burkinabé s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes entre les pays du Sahel et leurs voisins, exacerbées par les activités terroristes et les interventions militaires étrangères. Traoré a critiqué ce qu’il perçoit comme une ingérence française dans les affaires régionales, tandis que le Bénin et la Côte d’Ivoire se défendent contre ces allégations.
