Un procès très attendu s’est ouvert à Malabo, éclaboussant l’un des membres les plus en vue du cercle présidentiel équato-guinéen. Baltasar Ebang Engonga, surnommé « Bello », ex-directeur de l’administration fiscale et neveu du président Obiang, est accusé de détournement de fonds publics, enrichissement illicite et abus de fonction. À ce scandale financier s’ajoute une affaire intime explosive.
Des détournements massifs en plein cœur de l’État
Le procès dit « du Trésor » vise une vaste opération de malversations au sein de la Direction générale de l’assurance et de la réassurance (DGAR). Baltasar Ebang Engonga, à la tête de l’institution entre 2015 et 2020, est pointé comme l’architecte d’un système organisé de détournement de fonds. Selon le réquisitoire du ministère public, il aurait orchestré la captation de ressources publiques pour son enrichissement personnel, avec l’aide de plusieurs complices.
Les charges sont lourdes : 8 ans de prison pour détournement, 4 ans et 5 mois pour enrichissement illicite, 6 ans et un jour pour abus de fonction, en plus d’une amende dépassant 910 millions de francs CFA. Le parquet a aussi demandé l’interdiction formelle pour l’accusé d’exercer toute fonction publique durant la peine. D’autres anciens responsables, tels que Carmelo Julio Matogo Ndong ou Florentina Iganga Iñandji, sont également poursuivis dans ce dossier tentaculaire.
Un scandale sexuel qui fait vaciller les cercles du pouvoir
Au-delà des détournements, l’affaire prend une tournure encore plus dérangeante avec la diffusion de vidéos intimes mettant en scène Baltasar Ebang Engonga. Filmé dans son bureau officiel lors de relations sexuelles avec plusieurs femmes, certaines étant proches de hauts responsables, le haut fonctionnaire est au cœur d’un scandale qui choque l’opinion publique. Ces séquences, récupérées lors de la saisie de ses appareils électroniques, ont révélé un usage personnel des lieux et ressources de l’État.
Ces révélations soulignent les dérives de certains membres de l’élite dirigeante, dans un pays où le pouvoir politique et les privilèges privés se confondent. Issu d’une puissante dynastie — fils du président de la CEMAC et neveu du chef de l’État — « Bello » incarne une génération de dirigeants contestée, accusée d’abuser de l’impunité offerte par leur nom.
