L’ancien ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Constant Mutamba, a été condamné mardi 2 septembre à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d’inéligibilité. Reconnu coupable de détournement de fonds publics par la Cour de cassation, ce verdict met un sérieux coup d’arrêt à la trajectoire politique du jeune leader de 37 ans.
Un procès à rebondissements et un verdict attendu
En RDC, le procès de Constant Mutamba aura tenu le pays en haleine. Reporté à plusieurs reprises, il concernait une affaire de détournement de près de 20 millions de dollars dans le cadre d’un marché public pour la construction d’une prison à Kisangani. Selon la Cour, l’ancien ministre avait autorisé le versement de plus de la moitié du montant total du projet, en violation des règles qui n’en permettent que 30 %.
Tout au long du procès, Mutamba a clamé son innocence, dénonçant une cabale politique orchestrée contre lui pour l’écarter du gouvernement. Ses avocats ont souligné qu’aucun fonds n’avait été perdu et ont plaidé pour des circonstances atténuantes. Malgré ces arguments, les juges ont retenu l’intention frauduleuse, condamnant l’ancien garde des Sceaux à trois ans de travaux forcés, assortis d’une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans.
Une condamnation lourde de conséquences politiques
Âgé de seulement 37 ans, Constant Mutamba apparaissait comme un jeune visage prometteur de la scène politique congolaise. Mais cette condamnation ferme bloque désormais son accès à toute fonction élective et à son droit de vote, au moins pour les cinq prochaines années. Un coup dur pour celui que ses partisans voyaient déjà comme une figure de renouveau et un potentiel candidat aux prochaines échéances électorales.
Ses soutiens dénoncent un verdict « trop lourd », estimant que la jeunesse congolaise perd l’un de ses porte-paroles les plus audacieux. Certains, à l’image de son avocat Me Paul Okito, voient en lui un « espoir » pour une nouvelle génération politique, malgré cet obstacle. Ses partisans n’ont d’ailleurs pas hésité à se mobiliser, parfois violemment, en signe de soutien avant et après le prononcé du jugement.
