Le président renversé au Niger, Mohamed Bazoum, a été entendu dans la matinée de ce mercredi 28 août 2024, par un groupe de trois gendarmes dans sa résidence, dans le cadre d’une enquête préliminaire.
Mohamed Bazoum auditionné devant son avocat
Un groupe de trois gendarmes, composé d’un commandant, d’un capitaine et d’un adjudant a interrogé Mohamed Bazoum dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte contre lui. La veille, une première tentative d’interrogatoire avait échoué en raison de l’absence de son avocat, le bâtonnier Moussa Coulibaly. Cette fois-ci, l’avocat était présent. L’audition a duré près de cinq heures, durant lesquelles Bazoum s’est défendu face aux nombreuses questions des gendarmes.
Selon des sources proches de la famille de Bazoum, ce dernier a rejeté catégoriquement les accusations portées contre lui. L’accusation de haute trahison et d’apologie du terrorisme, formulée par la Cour d’État après une audience tendue en juin dernier, a été largement critiquée par plusieurs observateurs et experts comme étant politiquement motivée. Ces accusations surviennent dans un contexte de grande instabilité politique et de tensions internes exacerbées depuis la chute de Bazoum, il y a plus d’un an.
Contexte politique et pressions internationales
Depuis plus d’un an, Mohamed Bazoum, sa femme, et d’autres membres de sa famille sont retenus dans leur résidence officielle par les autorités de transition. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union européenne ont appelé à leur libération immédiate et inconditionnelle. Malgré ces appels répétés, les autorités de transition, dirigées par le général Tiani, ont maintenu leur position, qu’ils justifient par des raisons de sécurité nationale.
Les tensions ne se limitent pas aux seules relations diplomatiques. À l’intérieur du pays, des groupes rebelles toubous, en conflit ouvert avec le gouvernement de transition, ont exigé la libération de Bazoum et de sa famille. Ces groupes ont intensifié leurs actions contre le gouvernement, notamment par l’enlèvement d’un préfet et le sabotage du pipeline transportant du brut nigérien vers le port de Seme au Bénin.
