Ce jeudi 12 décembre, le gouvernement nigérien a annoncé la suspension de la radio BBC pour une durée de trois mois, accusant le média britannique d’avoir diffusé des informations non vérifiées sur une attaque prétendue au village de Chatoumane. Dans la foulée, les autorités ont également déclaré avoir porté plainte contre RFI, accusée d’être à l’origine d’une vaste campagne de désinformation visant à déstabiliser le pays.
Une suspension pour « désinformation »
La BBC est au cœur de la controverse après la publication d’un bilan de 130 morts suite à des attaques présumées dans les zones de Chatoumane et Téra. Ces informations, relayées par la BBC Afrique dans son journal de midi, ont été catégoriquement démenties par les autorités nigériennes. Selon le ministre de la Communication, Sidi Mohamed Raliou, ces données relèvent de « fausses affirmations » destinées à saper le moral des forces de défense et de sécurité (FDS) engagées dans la lutte contre le jihadisme.
Dans un communiqué, l’état-major des armées a affirmé mercredi soir que ces attaques sont inexistantes et qualifié ces rumeurs de « campagne d’intoxication orchestrée par des adversaires du peuple nigérien ». En réponse, le gouvernement a décidé de suspendre la BBC pour trois mois, une décision qui intervient dans un contexte tendu sur le plan sécuritaire.
RFI accusée de « campagne de désinformation »
En plus de la suspension de la BBC, le gouvernement nigérien a porté plainte contre RFI, accusant la radio française de diffuser des informations jugées « erronées » et nuisibles à la stabilité nationale. Selon le communiqué du Conseil des ministres, RFI serait impliquée dans une « vaste campagne de désinformation » visant à créer une division entre les populations et les forces armées du Niger.
Les autorités dénoncent une orchestration médiatique susceptible de semer la confusion parmi les citoyens et de compromettre l’unité nationale. Elles appellent les médias internationaux à faire preuve de responsabilité dans le traitement de l’information, particulièrement dans un contexte où le Niger est confronté à des défis sécuritaires majeurs.
