Un incendie d’une intensité impressionnante a ravagé une partie de la Chambre des représentants du Liberia, dans la capitale Monrovia, tôt ce mercredi 18 décembre 2024. Les flammes, accompagnées d’épais nuages de fumée noire, ont dévoré l’hémicycle, laissant derrière elles des images de désolation. Signalé vers 6 heures du matin, le sinistre a mobilisé des pompiers nationaux, des services d’urgence et des citoyens volontaires qui, après cinq heures de lutte, sont parvenus à maîtriser l’incendie, empêchant ainsi sa propagation aux ailes adjacentes du bâtiment.
Une enquête sous haute tension dans un contexte politique fragile
Sur place, le spectacle est saisissant : le dôme doré de l’Assemblée est désormais noirci, les tables et chaises de l’hémicycle calcinées, et les vitrines brisées. Bien que l’incendie n’ait fait aucune victime, des critiques ont émergé concernant les équipements des pompiers, jugés insuffisants pour répondre efficacement à une telle urgence. Cet incident intervient après un autre feu mineur survenu dans le bâtiment quelques jours plus tôt, ravivant les tensions politiques déjà présentes.
Lors d’un point presse, l’inspecteur général de police, Gréogry Coleman, a évoqué une forte probabilité d’incendie criminel. Selon ses déclarations, les enquêteurs disposent d’éléments indiquant l’utilisation possible d’un produit inflammable. Quatre suspects ont été identifiés et interrogés, leur comportement laissant présager une intention délibérée de nuire. « Nous sollicitons l’assistance de partenaires internationaux pour approfondir l’enquête », a-t-il précisé, soulignant les limites techniques des autorités locales.
Une crise institutionnelle qui s’aggrave
Ce drame survient dans un contexte politique tendu. mardi 17 décembre, des manifestations contre la destitution controversée du président de l’Assemblée nationale, Jonathan Fonati Koffa, ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l’ordre. Le président libérien Joseph Boakai, présent devant l’Assemblée nationale réduite en cendres, a fermement condamné cet acte. « Quels que soient vos mécontentements, cela ne justifie pas la destruction de biens publics », a-t-il martelé, promettant que les responsables seront traduits en justice.
L’incendie de l’Assemblée nationale représente bien plus qu’un incident matériel. Il illustre les tensions politiques croissantes qui paralysent le Liberia. Entre les manifestations populaires, les destitutions controversées et les accusations d’incendie criminel, l’État fait face à une instabilité institutionnelle inquiétante. Alors que l’enquête progresse, les Libériens attendent des réponses claires pour rétablir la confiance dans leurs institutions.
