À Pahou, un arrondissement de la commune de Ouidah au Bénin, une opération de libération d’espace public a suscité de vives réactions. Menée sous la supervision des autorités locales, cette intervention a conduit à la destruction d’une église, de plusieurs boutiques et de hangars près du marché. Une initiative justifiée par l’occupation illégale de l’espace public, mais qui laisse de nombreux commerçants désemparés.
Une intervention brutale et contestée
Selon Bip radio, très tôt le matin, des bulldozers sont intervenus à Pahou pour détruire les installations jugées illégales. Cette opération, conduite par le maire de Ouidah, le préfet de l’Atlantique et les forces de l’ordre, a pris de nombreux propriétaires de boutiques par surprise. « Nous n’avons pas eu le temps de sortir toutes nos affaires. Je suis abattu », a confié Carlos, un commerçant touché par ces démolitions.
Plusieurs victimes dénoncent un manque de communication officielle avant l’opération. D’après elles, aucun avertissement formel n’a été reçu, rendant impossible la sécurisation de leurs biens. Certains témoignages recueillis par Bip Radio évoquent une notification de dernière minute, donnée quelques heures seulement avant le début des démolitions. Cette absence de préavis a aggravé la colère et le sentiment d’injustice parmi les commerçants.
Des justifications officielles et des réactions mitigées
Face aux accusations, le maire de Ouidah a affirmé que des campagnes de sensibilisation avaient été organisées pour informer les occupants des mesures à venir. Selon lui, ces actions étaient nécessaires pour restaurer l’ordre dans l’espace public, souvent envahi de manière anarchique. Toutefois, cette intervention ne fait pas l’unanimité. Alors que les commerçants touchés dénoncent une approche précipitée, certains vendeurs à l’intérieur du marché de Pahou se montrent favorables à cette initiative. Une vendeuse, par exemple, a déclaré que ces destructions pourraient attirer davantage de clients vers les étals du marché, souvent désertés au profit des boutiques extérieures. Pour elle, cette opération redonne une chance aux commerçants installés dans le marché.
Cette intervention de grande envergure a marqué les esprits par sa soudaineté et ses conséquences. Si les autorités locales soulignent la nécessité de libérer l’espace public pour améliorer l’organisation et la sécurité, les commerçants touchés peinent à accepter une telle perte, survenue dans des conditions qu’ils jugent injustes.
