Le président ivoirien, Alassane Ouattara, pourrait être à nouveau candidat à l’élection présidentielle prévue pour 2025, bien que le sujet reste entouré de flou. L’actuel président a été désigné comme « candidat naturel » par son parti politique, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Cette désignation unanime relance la question d’un éventuel quatrième mandat pour Ouattara, une perspective qui ne fait pas l’unanimité en Côte d’Ivoire, notamment du côté de l’opposition représentée par Laurent Gbagbo.
Un parcours politique marqué par des décisions inattendues
Alassane Ouattara, président depuis 2011, avait manifesté en 2020 son intention de se retirer de la vie politique, évoquant son souhait de laisser la place à une nouvelle génération de dirigeants. Toutefois, après les décès de deux figures clés de son régime, Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, Ouattara avait finalement décidé de se représenter pour un troisième mandat. Cette décision avait suscité de nombreuses critiques, notamment de la part de l’opposition, qui y voyait une violation des principes constitutionnels limitant le nombre de mandats présidentiels à deux.
Aujourd’hui, alors que son troisième mandat approche de son terme, Alassane Ouattara se retrouve de nouveau face à la possibilité de briguer un quatrième mandat. Cette situation, déjà controversée en 2020, soulève de nombreuses interrogations quant à la légitimité d’une telle candidature en 2025.
La position de Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien et opposant historique d’Alassane Ouattara, ne cache pas son désaccord avec l’idée d’une nouvelle candidature de ce dernier. Dans une interview accordée au journaliste Alain Foka, Gbagbo a exprimé son opposition farouche à ce qu’il considère comme une tentative illégitime de maintenir Ouattara au pouvoir. Selon lui, « la constitution est claire : un individu ne peut être président pour plus de deux mandats ». Cette déclaration traduit la volonté de Gbagbo de s’opposer fermement à toute tentative de modification ou de contournement des règles constitutionnelles.
Ce point de vue reflète également une inquiétude plus large au sein de la société civile ivoirienne et de certains acteurs politiques, qui estiment que la stabilité du pays pourrait être mise à mal par une candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat. Ils considèrent cette éventualité comme une remise en cause des acquis démocratiques du pays. De son côté, le RHDP, parti au pouvoir, reste ferme dans son soutien à Alassane Ouattara. Pour ses membres, Ouattara représente le meilleur choix pour poursuivre le développement de la Côte d’Ivoire et assurer la continuité des projets déjà entrepris. Ils voient en lui un dirigeant expérimenté, capable de maintenir le cap face aux défis économiques et sécuritaires auxquels le pays est confronté. Le RHDP a donc choisi de désigner Ouattara comme son « candidat naturel » pour les prochaines élections présidentielles, faisant valoir que son expérience et son leadership restent indispensables à la Côte d’Ivoire dans un contexte régional incertain.
