La Guinée temporise sur la monnaie unique ECO et entretient le doute sur l’échéance de 2027

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La Guinée temporise sur la monnaie unique ECO et entretient le doute sur l’échéance de 2027

La Guinée affiche une position prudente sur le projet de monnaie unique ouest-africaine. Si Conakry participera désormais aux travaux de la Task Force présidentielle chargée du programme ECO, le gouvernement écarte, pour l’instant, tout engagement sur une adoption de la devise en 2027. Une posture qui rappelle les défis persistants auxquels se heurte l’intégration monétaire de la CEDEAO.

Une participation au projet, sans engagement sur l’adoption

À l’issue d’une conférence de presse tenue le 27 juillet 2026, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a confirmé que la Guinée prendra part aux réflexions menées par la Task Force présidentielle sur l’ECO. Cette participation fait suite à la décision prise lors du 69ᵉ sommet des chefs d’État de la CEDEAO, organisé le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone.

Pour autant, Conakry refuse d’associer cette présence à une adhésion automatique à la future monnaie unique. Le gouvernement indique qu’une décision ne pourra intervenir qu’après une évaluation approfondie des implications économiques pour le pays.

Cette position intervient alors que les dirigeants ouest-africains continuent d’afficher leur ambition de lancer l’ECO en 2027, après plusieurs reports successifs depuis le début des années 2000. La Guinée rejoint ainsi les instances de pilotage du projet tout en conservant une marge de manœuvre sur son choix final.

Le franc guinéen au cœur des arbitrages économiques

La prudence des autorités s’explique notamment par les spécificités de l’économie guinéenne et par le rôle du franc guinéen (GNF) dans la politique monétaire nationale. Le gouvernement estime qu’une adhésion à une union monétaire suppose d’évaluer soigneusement les conséquences sur la capacité du pays à conduire sa propre politique économique.

L’intégration à l’ECO implique en effet le respect des critères de convergence définis par la CEDEAO, parmi lesquels figurent une inflation maîtrisée, un déficit budgétaire limité à 3 % du PIB, un niveau d’endettement soutenable ainsi que des réserves de change suffisantes. Ces exigences continuent de représenter un défi pour plusieurs économies de la région.

Au-delà des considérations techniques, la question revêt aussi une dimension historique. La Guinée avait quitté la zone franc dès son indépendance pour créer le franc guinéen, faisant de sa monnaie nationale un symbole de souveraineté économique. Cette trajectoire continue d’influencer le débat sur une éventuelle adhésion à une union monétaire régionale.

La prochaine étape sera la réunion de la Task Force présidentielle, attendue avant le sommet ordinaire de la CEDEAO prévu en décembre 2026. C’est à cette occasion que les États membres devraient préciser le calendrier opérationnel de l’ECO, tandis que Conakry pourrait, ou non, lever les incertitudes sur sa participation effective au lancement de la monnaie unique.