L’ancien président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Jacques Anouma, est revenu sur les coulisses de l’élection de 2022. Dans une récente déclaration, il a expliqué les raisons pour lesquelles il avait recommandé à Didier Drogba de ne pas se présenter, un conseil qui aurait refroidi leurs relations.
Un conseil resté en travers de la gorge de Didier Drogba
À l’image de Samuel Eto’o au Cameroun, Didier Drogba nourrissait de grandes ambitions pour diriger le football ivoirien. Mais contrairement à son ancien rival sur les pelouses africaines, l’ex-capitaine des Éléphants a échoué à conquérir la présidence de la FIF, battu par Idriss Diallo.
Jacques Anouma affirme avoir joué un rôle dans cette décision controversée. « En 2022, j’ai conseillé à Didier Drogba de ne pas se présenter à l’élection de la présidence de la FIF, car je trouvais qu’il n’était pas suffisamment prêt par rapport aux autres candidats », a-t-il confié. Selon lui, la légende ivoirienne aurait dû patienter pour mieux appréhender les rouages d’un milieu jugé complexe et stratégique.
Entre loyauté, expérience et dilemme personnel
L’ancien patron du football ivoirien explique avoir suggéré une alternative à Drogba : « Écoute, tu viens d’arriver. Moi, je te conseille de choisir l’un des deux autres candidats pour être avec lui, ou alors je ferai en sorte que vous soyez tous ensemble. Dans un délai, tu pourras devenir président de la FIF un jour ».
Mais ce conseil n’a pas été bien reçu. « Quand je lui ai dit cela, il n’a pas réagi, mais par la suite, nos relations sont devenues glaciales, puis froides, et seulement tièdes aujourd’hui à cause de cette élection », a reconnu Jacques Anouma. Le dirigeant, visiblement partagé entre plusieurs fidélités, confie avoir traversé un moment délicat : « D’un côté, mon “fils” Didier Drogba était candidat ; de l’autre, Idriss Diallo, mon vice-président à la FIF pendant huit ans et fidèle compagnon ; et enfin, Sory Diabaté, qui a été mon SG et également mon vice-président. Voilà trois personnes que j’aurais souhaité voir s’unir pour diriger cette fédération, mais je n’ai pas réussi ».
Au-delà du cas Drogba, Jacques Anouma insiste sur l’importance des relations personnelles dans ce type d’élection. « Le programme seul ne suffisait pas pour gagner cette élection, car un programme, n’importe quel cabinet de communication peut vous en faire un. Ici, les relations pèsent énormément, plus que vous ne pouvez l’imaginer », a-t-il souligné.
