Les inondations à Douala ont fait au moins un mort après les pluies torrentielles tombées dans la nuit du 10 au 11 septembre. Plusieurs quartiers de la capitale économique camerounaise ont été submergés, tandis que routes et ponts sont devenus difficilement praticables.
Une femme enceinte meurt après la montée des eaux
Le drame s’est produit à Bonabo, dans l’arrondissement de Douala V. Une femme enceinte d’une trentaine d’années a été retrouvée morte dans son habitation après que les eaux ont envahi sa chambre.
Les premières informations font état d’une électrocution. La brigade de gendarmerie de Bépanda a confirmé le décès et effectué les premiers constats. Les circonstances précises de l’accident restent toutefois à établir.
Les sapeurs-pompiers ont évacué le corps vendredi matin. Pour l’heure, cette victime constitue le seul décès clairement confirmé par plusieurs sources dans le bilan des intempéries.
La montée des eaux a surpris de nombreux habitants pendant la nuit. Dans certains logements, l’eau est montée rapidement et a obligé les occupants à protéger leurs biens ou à chercher des zones plus sûres.
Plusieurs quartiers de Douala V sous les eaux
Bonamoussadi, Sable, Denver et Makèpè-Missokè figurent parmi les secteurs particulièrement touchés. À proximité de la rivière Mbanya, plusieurs habitations ont été envahies par les eaux.
La Communauté urbaine de Douala a relevé des niveaux élevés sur plusieurs points surveillés par son dispositif d’alerte précoce. La Ngonguè a atteint 2,803 mètres. À l’exutoire de Tongo’a Bassa, le niveau est monté jusqu’à 3,107 mètres. L’alarme s’y est déclenchée à 2 h 31.
Ces mesures montrent l’ampleur de la montée des eaux pendant la nuit. Elles expliquent aussi pourquoi certains habitants n’ont découvert la gravité de la situation qu’après l’inondation de leur domicile.
La mairie a renforcé la surveillance et appelé les populations à la prudence, particulièrement dans les zones basses et à proximité des cours d’eau.
Routes coupées et déplacements fortement perturbés
Les conséquences ont rapidement dépassé les habitations. Vendredi matin, plusieurs axes étaient recouverts par l’eau. Des automobilistes ont dû rebrousser chemin et certains piétons ont attendu une baisse du niveau avant de poursuivre leur trajet.
Les ponts de Sable et de Makèpè-Missokè ont notamment été signalés comme impraticables. Logpom, Bépanda, Bonamoussadi et plusieurs secteurs situés autour des PK 12 à 14 ont aussi connu d’importantes perturbations.
Cette situation a compliqué les déplacements vers les lieux de travail et les établissements scolaires. À Bonamoussadi, des automobilistes ont cherché des itinéraires alternatifs par Bépanda, Makèpè-Missokè ou Logpom.
Les dégâts matériels restent encore difficiles à chiffrer. Les premières images et témoignages montrent néanmoins des rues transformées en cours d’eau, des maisons inondées et des véhicules immobilisés.
Les inondations restent un problème structurel à Douala
Les pluies intenses expliquent directement l’épisode, mais elles rencontrent une ville particulièrement vulnérable aux inondations. Douala est construite dans une zone basse, traversée par de nombreux cours d’eau et soumise à d’importantes précipitations.
L’épisode du 11 septembre relance donc les interrogations sur l’aménagement urbain, le drainage et l’occupation des zones exposées. Plusieurs quartiers touchés cette semaine connaissent déjà régulièrement des montées des eaux lors des fortes pluies.
La Communauté urbaine dispose désormais d’un système d’alerte capable de suivre certains cours d’eau. L’enjeu consiste aussi à transformer ces données en mesures suffisamment rapides pour protéger les populations lorsque les seuils critiques sont dépassés.
Les autorités météorologiques appellent d’autant plus à rester vigilants que de nouvelles précipitations sont attendues.
Ces nouvelles inondations à Douala rappellent ainsi que les dégâts ne se limitent pas aux routes et aux logements. La mort d’une femme enceinte à Bonabo souligne le risque humain que représente la combinaison entre montée des eaux, installations électriques et urbanisation de secteurs vulnérables.
