L’après-mort du rappeur Werenoi, décédé brutalement le 17 mai dernier à 31 ans, s’annonce aussi mouvementé que sa carrière. Son producteur, Babiry Sacko, patron du label PLR Music, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte pour « vol aggravé et extorsion ». Il est désormais renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bobigny, accusé de violences en réunion et de provocation à commettre un délit. Une affaire explosive qui plonge le monde du rap français dans une guerre d’héritage pleine de zones d’ombre.
Le producteur de Werenoi au cœur d’un scandale posthume
À l’origine de la procédure judiciaire : une plainte déposée par Fatima, une amie proche de Werenoi installée à Dubaï. Cette dernière accuse Babiry Sacko de l’avoir agressée dans la nuit du 21 au 22 mai, quelques jours après le décès de l’artiste, dans un bar à chicha de Montreuil. Selon ses déclarations, le producteur, accompagné de trois hommes, lui aurait réclamé avec insistance une somme d’un million d’euros, prétendument placée sur un compte à Dubaï appartenant à Werenoi.
La jeune femme, qui affirme ne pas avoir accès à ces fonds, aurait été rouée de coups, giflée et même délestée de son passeport. Des photos de ses blessures et une ITT de plusieurs jours ont confirmé les violences. Ces accusations ont conduit à l’ouverture d’une enquête, qui a finalement débouché sur le placement sous contrôle judiciaire du producteur et son renvoi devant la justice.
Des accusations croisées et un climat de tensions
Babiry Sacko nie en bloc les faits et accuse à son tour Fatima d’escroquerie. Il affirme que la jeune femme détiendrait indûment le million d’euros sur un compte bancaire, et qu’il agit au nom de la famille de Werenoi pour récupérer l’argent destiné, selon lui, aux enfants du défunt. Pourtant, certains proches du rappeur, initialement silencieux, ont fini par témoigner en faveur de la plaignante.
Alors que la tension monte, Fatima a également porté plainte pour cyberharcèlement, dénonçant des attaques massives orchestrées par l’entourage du producteur. Sur les réseaux sociaux, l’affaire enflamme déjà les fans et suscite l’indignation. Le procès de Babiry Sacko est fixé au 24 octobre 2025 à Bobigny.
