Depuis vendredi dernier, les usagers des services Mobile Money au Bénin constatent une hausse des frais sur les petits et moyens retraits. MTN Bénin et Moov Africa ont revu leur tarification à la hausse, ajoutant 25 FCFA sur les tranches allant de 501 à 20 000 FCFA. Une décision qui a rapidement suscité de vives critiques sur les réseaux sociaux. Face à la grogne populaire, le gouvernement béninois, par la voix de son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, affirme n’avoir aucune responsabilité dans cette mesure, évoquant la compétence exclusive de la BCEAO.
Une hausse ressentie directement par les populations
Ce sont désormais les portefeuilles des citoyens qui encaissent les conséquences. Concrètement, les retraits sur Mobile Money dans les tranches 501–5 000, 5 001–10 000 et 10 001–20 000 FCFA sont surtaxés de 25 FCFA supplémentaires. Si cette somme peut paraître minime, elle représente un poids réel pour de nombreux usagers, notamment les petits commerçants, étudiants ou personnes vivant au jour le jour, qui effectuent régulièrement des transactions sur ces tranches.
Les critiques n’ont pas tardé à fuser sur les plateformes sociales, certains dénonçant un appauvrissement silencieux des populations déjà fragiles. Cette mesure intervient dans un contexte économique tendu, où chaque franc compte pour une grande partie des Béninois. Beaucoup réclament des explications et surtout une révision de cette tarification jugée arbitraire.
Le gouvernement s’explique, la BCEAO pointée du doigt
Interpellé, le gouvernement a tenu à clarifier sa position. Le porte-parole Wilfried Léandre Houngbédji a affirmé que cette augmentation n’émanait ni du gouvernement, ni de l’ARCEP-Bénin (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste). « Ce n’est pas une décision du gouvernement. Ce n’est même pas une décision de l’Arcep-Bénin. C’est une activité qui est suivie, réglementée et contrôlée par la BCEAO », a-t-il déclaré.
Selon lui, seule la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest détient les prérogatives de régulation des activités liées à la monnaie électronique. Le message est clair : l’État béninois se dédouane de toute implication directe dans cette révision tarifaire, bien qu’il soit conscient du mécontentement qu’elle suscite.
