Les médias ivoiriens sont en deuil après la perte de deux figures emblématiques en seulement 14 jours. Après le décès de Marie-Dominique Kacou, animatrice et chroniqueuse de La 3, la RTI pleure maintenant la disparition de Soum Saint-Félix, animateur et producteur, mort des suites d’une embolie pulmonaire. Ces pertes successives laissent un vide immense dans le paysage audiovisuel ivoirien.
Soum Saint-Félix : une carrière marquée par le succès et la reconnaissance
Soum Saint-Félix, de son vrai nom Mohamed Soumahoro, était une figure bien connue et respectée de la télévision ivoirienne. Pendant plusieurs années, il a marqué le paysage audiovisuel de la Côte d’Ivoire avec ses émissions à la RTI. Son style unique et son charisme ont fait de lui un animateur très apprécié du public.
L’annonce de la mort de Soum Saint-Félix a provoqué une onde de choc parmi ses collègues et les téléspectateurs. Sa carrière à la RTI a été remarquable, avec des émissions phares telles que « Matin Bonheur » qui ont rythmé les matins des Ivoiriens. En plus de ses contributions à l’animation télévisuelle, Soum Saint-Félix a occupé plusieurs postes importants, notamment celui de Président du Conseil d’Administration de l’Union des Professionnels de Médias de Côte d’Ivoire (UPMCI) et de Directeur des programmes de la chaîne TV2 (aujourd’hui RTI2). Il était également un fervent serviteur de Dieu évangélique en tant que prédicateur, ce qui témoignait de son engagement spirituel et de sa volonté de servir la communauté sous différentes formes.
Une fin tragique et solitaire
La fin de vie de Soum Saint-Félix contraste tristement avec les succès de sa carrière. Selon certaines sources, il aurait vécu ses dernières années dans la précarité, loin des projecteurs et du succès qui l’avaient accompagné pendant tant d’années.
D’après Mike le Bosso, producteur de musique ivoirien vivant en France, Soum Saint-Félix vivait dans des conditions difficiles avant sa mort. Il n’avait plus d’argent et aurait été chassé de chez lui par sa femme, obligé de se nourrir grâce à l’aide du Secours Catholique. Dans une interview, l’animateur avait mentionné que des raisons de santé l’avaient éloigné de la RTI. « Je suis tombé malade le 12 janvier 2010. J’ai travaillé durant trois ans sur l’émission « Matin Bonheur », je pense que j’ai épuisé mes forces puisque c’est une émission matinale qu’il fallait en plus préparer. Vous partez de là à 19 h pour revenir à 5 h du matin », avait-il expliqué. Ces révélations soulignent les défis auxquels il a été confronté, y compris la lutte contre la maladie et la solitude.
