La crise diplomatique entre le Bénin et le Niger a eu des répercussions économiques significatives, notamment pour le Port autonome de Cotonou. Le Directeur général du Port, Bart Van Eenoo a confirmé une baisse notable du chiffre d’affaires, conséquence directe de la délocalisation des marchandises nigériennes vers le port de Lomé.
Une baisse prévisible des chiffres d’affaires
Depuis onze mois, la crise entre le Bénin et le Niger perdure, impactant gravement les activités commerciales des deux pays. Le Directeur général du Port autonome de Cotonou a récemment révélé dans une émission radiophonique sur Bip radio que cette situation a entraîné une baisse de 10 à 15 % des chiffres d’affaires du port. Cette diminution était prévisible dès les premiers signes de tension entre les deux nations.
Historiquement, le Port de Cotonou est le principal terminal par lequel les marchandises destinées au Niger sont transitées. Cependant, avec l’escalade de la crise diplomatique, les nouvelles autorités nigériennes ont choisi de rediriger leurs flux commerciaux vers le port de Lomé au Togo. Cette décision stratégique a permis à l’État togolais de bénéficier d’une augmentation significative de ses activités portuaires, au détriment du Port de Cotonou.
Les conséquences pour l’économie béninoise
Le Port de Cotonou joue un grand rôle dans l’économie béninoise, en tant que principal moteur de croissance et de développement. La baisse de ses chiffres d’affaires a des répercussions directes non seulement sur les revenus du port, mais aussi sur l’ensemble de l’économie nationale. Les activités commerciales, les emplois liés au secteur portuaire et les recettes fiscales en souffrent. Le port représente un élément vital de l’infrastructure économique du Bénin. Toute perturbation de ses activités se répercute sur l’ensemble du pays. Cette crise met en lumière la vulnérabilité de l’économie béninoise face aux tensions diplomatiques et souligne l’importance de diversifier les sources de revenus pour réduire cette dépendance.
Face à cette situation critique, des initiatives de médiation ont été entreprises pour apaiser les tensions entre le Bénin et le Niger. Les anciens présidents béninois, Boni Yayi et Nicéphore Soglo, ont récemment mené des pourparlers avec les autorités nigériennes pour trouver une issue à la crise. On attend de voir l’issu de leur rencontre avec le président béninois Patrice Talon.
