Le chanteur ivoirien Djakou, membre du groupe zouglou Les Marabouts d’Afrique, est décédé le mercredi 7 octobre 2026. Sa disparition, confirmée par le ministère de la Culture, suscite une vive émotion dans le monde musical ivoirien.
Mort de Djakou : le ministère de la Culture confirme le décès
La nouvelle s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux mercredi 7 octobre. Plusieurs artistes et personnalités du spectacle ont annoncé la disparition de Djakou, avant la confirmation officielle des autorités ivoiriennes.
Dans un communiqué publié le même jour, le ministère de la Culture et de la Francophonie a annoncé le décès de Henri Jacques Tchegnon, connu du public sous le nom de Djakou.
L’institution a salué la contribution du chanteur à l’histoire du zouglou. La ministre Françoise Remarck a également présenté ses condoléances à sa famille, à ses proches, à ses compagnons de scène et aux mélomanes.
Les circonstances exactes de sa mort restent toutefois à préciser. Plusieurs témoignages évoquent une dégradation de son état de santé et une hospitalisation avant son décès.
Pour l’heure, aucune cause médicale précise n’a été officiellement communiquée par le ministère. Cette distinction reste essentielle face aux nombreuses informations qui circulent depuis l’annonce de sa disparition.
Qui était Djakou, membre des Marabouts d’Afrique ?
Djakou appartenait à la formation zouglou Les Marabouts d’Afrique, également connue sous le nom Les Marabouts d’Afrik. Le groupe réunissait notamment Djakou, Djoulet et Camso.
Originaire de la scène musicale d’Anoumabo, à Abidjan, le trio s’était imposé grâce à des chansons inspirées du quotidien des Ivoiriens. Ses textes mêlaient humour, satire sociale et observation des comportements.
L’année 2000 constitue une étape importante dans son parcours. Les Marabouts d’Afrique rencontrent alors le succès avec l’album Fétiche, notamment grâce à deux chansons devenues populaires :
- Doubleuse, l’un des titres qui ont contribué à la notoriété du groupe ;
- Monsieur soirée, autre morceau marquant de son répertoire.
Le groupe a poursuivi son aventure musicale malgré plusieurs périodes difficiles. En 2018, il avait notamment présenté Renaissance, un album de neuf titres qui marquait son retour après plusieurs années de retrait.
Au-delà de ses productions, Djakou incarnait une génération d’artistes attachés aux racines populaires du zouglou. Ce genre musical, né en Côte d’Ivoire au début des années 1990, utilise notamment l’humour et la critique sociale pour raconter les réalités quotidiennes.
Yodé et A’Salfo rendent hommage à Djakou
La disparition de Djakou a particulièrement touché plusieurs figures du zouglou ivoirien.
Yodé, membre du célèbre duo Yodé et Siro, a partagé un témoignage émouvant après l’annonce de son décès. Le chanteur a expliqué avoir rendu visite à son confrère deux jours auparavant au CHU de Treichville, à Abidjan.
Lors de leur dernière rencontre, Djakou envisageait encore de retrouver son ami dans leur quartier la semaine suivante. Ce souvenir souligne le caractère douloureux de sa disparition pour ses proches.
A’Salfo, leader du groupe Magic System, lui a également consacré un hommage. Il a salué son attachement à la tradition du Wôyô, une pratique musicale populaire qui a contribué à l’émergence du zouglou.
Dans son témoignage, A’Salfo affirme que Djakou revenait d’une courte tournée en France, interrompue par une hospitalisation. Malgré les inquiétudes de son entourage, l’artiste aurait souhaité regagner la Côte d’Ivoire.
Le leader de Magic System a aussi évoqué leur dernière rencontre au Casino de Paris, lors d’un concert anniversaire du groupe Les Garagistes.
Le zouglou ivoirien perd une autre figure historique
La mort de Djakou intervient dans une période marquée par plusieurs disparitions d’artistes du zouglou.
Le mouvement avait notamment perdu Valéry, membre du groupe Espoir 2000, en octobre 2024. Ces décès rappellent la place occupée par les pionniers du genre dans la mémoire musicale ivoirienne.
À Marcory, commune d’Abidjan où résidait Djakou, le maire Aby Raoul a également exprimé sa tristesse. Il a souligné les liens qui unissaient l’artiste à la communauté locale.
Pour Les Marabouts d’Afrique, cette disparition représente la perte d’un membre historique. Elle pose aussi la question de la préservation des œuvres d’une génération qui a contribué à populariser le zouglou.
Les informations relatives aux obsèques et aux éventuels hommages officiels restent attendues.
Avec des chansons comme Doubleuse et Monsieur soirée, Djakou laisse un répertoire qui continuera de témoigner de sa contribution à la musique ivoirienne.
