Le chanteur malien Sidiki Diabaté s’est retrouvé au cœur d’une vive polémique en Côte d’Ivoire. L’annonce de son concert d’hommage au président Alassane Ouattara a suscité de nombreuses réactions, notamment en raison du contexte électoral tendu. Interrogé par Brut Afrique, l’artiste a tenu à clarifier ses intentions, affirmant qu’il ne s’agit en aucun cas d’un engagement politique, mais d’un geste de reconnaissance.
« Je ne suis pas un politicien, je suis un griot »
Dans ses déclarations, Sidiki Diabaté insiste sur sa position d’artiste traditionnel : « Dire cette vérité, c’est le rôle d’un griot », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de rendre hommage à ceux qui lui ont tendu la main. Il évoque une relation personnelle et affective avec le couple présidentiel : « Je rends hommage à quelqu’un qui m’a pris comme son fils, qui m’a protégé comme son fils, et dont la femme m’a également protégé comme son fils ». Pour lui, il s’agit simplement d’un acte de gratitude, inscrit dans la tradition de son rôle d’artiste.
Critiqué sur les réseaux sociaux, Sidiki Diabaté dit avoir vu « beaucoup de personnes frustrées » s’en prendre à lui, tout en défendant sa démarche : « Je ne suis pas ingrat, je suis reconnaissant. » Il rappelle également qu’il n’a « choisi aucun camp », expliquant que « tous les camps sont pour moi comme des pères et des frères ».
« Un président, c’est avant tout un bilan »
À travers son single BÂTISSEUR, l’artiste souhaite contribuer au climat électoral « dans le respect, la joie et la paix ». Il affirme ne faire que constater les progrès réalisés en Côte d’Ivoire sous la présidence d’Alassane Ouattara : « Aujourd’hui, on ne peut pas nier que la Côte d’Ivoire est en développement. Un président, c’est avant tout un bilan ».
La réaction du public ivoirien n’a pas tardé à se faire entendre, notamment sur les réseaux sociaux où Sidiki Diabaté a été vivement critiqué. De nombreux internautes lui reprochent de s’immiscer dans le débat politique alors qu’il est artiste, lui conseillant de « se concentrer sur la musique ». D’autres vont plus loin en l’accusant de prêter sa voix à une opération de propagande en faveur du président Alassane Ouattara, dont la candidature pour un quatrième mandat divise profondément le pays. Dans une période aussi sensible, certains estiment que son initiative n’est ni neutre ni anodine.
