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Cinéma au Burkina Faso : Odilia Yoni alias Téné parle d’une triste réalité de la vie des acteurs

Figure emblématique du cinéma et de la télévision burkinabè, Odilia Yoni, connue du grand public sous le nom de Téné dans la série ‘’Trois femmes, un village’’, a livré un témoignage poignant sur la réalité économique du milieu artistique.

Une carrière marquée par la passion plus que par l’argent

Dans une récente interview, Odilia Yoni alias Téné, âgée de 73 ans, confie n’avoir jamais touché 500 000 francs CFA en espèces au cours de sa carrière. Au contraire, l’actrice de la célèbre série télévisée  »Trois femmes, un village » explique avoir souvent joué pour des montants très modestes. Parfois, ses cachets se limitaient à 10 000 ou 20 000 francs CFA. Pourtant, elle acceptait ces conditions sans hésiter.

Selon l’actrice, le métier reposait avant tout sur la passion. À l’époque, les comédiens jouaient pour faire vivre la culture et transmettre des messages forts aux populations. Cependant, avec le recul, elle admet que ce choix a eu un coût. Aujourd’hui, elle constate que de nombreux artistes vivent encore dans une grande précarité, malgré leur popularité.

Un témoignage qui relance le débat sur le statut des artistes

Ce témoignage a rapidement suscité des réactions dans le milieu culturel. En effet, beaucoup y voient le reflet d’un système qui valorise peu les acteurs, surtout les anciens. Pourtant, ces figures ont contribué à bâtir l’identité audiovisuelle du pays.

Ainsi, plusieurs observateurs estiment qu’il devient urgent de repenser le statut des artistes. D’abord, une meilleure structuration du secteur s’impose. Ensuite, la mise en place de contrats clairs et de cachets décents apparaît essentielle. De plus, certains plaident pour un accompagnement social des acteurs âgés.

Par ailleurs, la sortie d’Odilia Yoni rappelle que la culture reste un pilier du développement. Sans artistes protégés et rémunérés à leur juste valeur, la création s’essouffle. En brisant le silence, l’actrice ouvre donc la voie à une réflexion profonde sur l’avenir du cinéma et du théâtre burkinabè.

Roseline GOUNDJO
Roseline GOUNDJO
Je suis Roseline Goundjo, journaliste rédactrice et je trouve plaisir dans la culture, la musique, la lecture et les voyages. Partie des appréciations des interautes sur mes différents écrits sur des sujets relatifs à la société, le People et les relations internationales, j'ai pris l'engagement de toujours les satisfaire.
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