Dans une décision aux répercussions géopolitiques majeures, la Chine a annoncé ce 12 juin 2025 la suppression totale des droits de douane sur les exportations en provenance de 53 pays africains. L’annonce a été faite en marge de la quatrième Exposition économique et commerciale Chine-Afrique. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du « Partenariat de développement économique sino-africain » et confirme l’ambition de Pékin de renforcer sa présence économique sur le continent.
Une stratégie commerciale offensive au profit de l’Afrique
Désormais, tous les pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine pourront exporter librement vers le deuxième marché mondial. Produits agricoles, textiles, matières premières ou biens manufacturés : aucun secteur n’est exclu de cette mesure d’exonération tarifaire. L’objectif affiché par Pékin est clair : favoriser les échanges, soutenir les économies africaines et consolider des alliances stratégiques.
Cette suppression totale des droits de douane vient renforcer un processus enclenché dès 2005, où des exemptions partielles étaient accordées sur certains produits africains. Mais cette nouvelle phase marque une rupture nette : elle généralise les avantages à presque tous les États africains et envoie un signal fort sur la volonté de la Chine de se positionner en partenaire économique de référence pour l’Afrique. Une volonté d’autant plus affirmée face à la concurrence directe avec les États-Unis.
L’Eswatini exclu, Washington sous pression
Un seul pays africain reste exclu de ce dispositif : le royaume d’Eswatini. En cause, sa reconnaissance officielle de Taïwan, que la Chine considère comme une province sécessionniste. Pékin a rappelé que le respect du principe de « Chine unique » reste une condition sine qua non à tout partenariat économique profond. Cette exclusion, symbolique mais ferme, montre que la diplomatie reste au cœur des relations sino-africaines.
Face à cette offensive tarifaire, les États-Unis voient leur influence commerciale fragilisée. Washington, qui ne propose pas de libre accès équivalent au marché américain, se retrouve désormais en position défensive. Pékin, de son côté, offre aux pays africains un levier de développement économique et une alternative stratégique, consolidant encore davantage son ancrage sur le continent.
