Le célèbre reggae man ivoirien, Tiken Jah Fakoly, fait de nouveau parler de lui avec un titre poignant qui dénonce les dérives politiques en Afrique, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire. Dans sa nouvelle chanson en collaboration avec Amen Jah Cissé, l’artiste ne mâche pas ses mots en s’adressant directement au président Alassane Ouattara, qu’il accuse de préparer un « match retour » avec un éventuel quatrième mandat, malgré les traumatismes laissés par les crises politiques passées.
Tiken Jah Fakoly, la voix des opprimés
Tiken Jah Fakoly, de son vrai nom Doumbia Moussa Fakoly, est depuis longtemps une figure emblématique du reggae africain, utilisant sa musique pour dénoncer les injustices et les abus de pouvoir sur le continent. Dans son dernier morceau, il s’attaque frontalement aux pratiques politiques de certains dirigeants africains, en particulier ceux du Togo, du Tchad, et de l’Afrique de l’Est et du Sud (AES).
En s’indignant du bilan des crises politiques en Côte d’Ivoire, qui ont coûté la vie à des milliers de personnes, Tiken Jah Fakoly lance un avertissement cinglant : « Après 3000 morts, un match retour prévu à l’horizon « 4ème mandat ». Combien de morts aurons-nous encore dans les tribunes ? Ce match retour sera le match de trop. » Ces paroles résonnent comme un cri d’alarme, dénonçant la possibilité d’une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara, ce qui pourrait, selon l’artiste, raviver les tensions et conduire à un nouveau drame pour le pays.
Fakoly rappelle que la Côte d’Ivoire a déjà payé un lourd tribut lors des crises politiques précédentes, et qu’il est de la responsabilité des dirigeants de ne pas répéter les erreurs du passé. Son appel à la paix et à la retenue s’adresse à l’ensemble de la classe politique ivoirienne, qu’il exhorte à mettre les intérêts du peuple avant leurs ambitions personnelles.
Un appel à la conscience politique
Au-delà de la dénonciation, Tiken Jah Fakoly exprime également une profonde douleur et une grande lassitude face aux souffrances endurées par son pays. « La Côte d’Ivoire a tellement souffert des crises politiques. Pardonnez politiciens ivoiriens, ayez pitié ». Ce message est à la fois un appel à la conscience des dirigeants et une supplication pour éviter de nouvelles violences.
Pour Tiken Jah Fakoly, il est temps que les politiciens ivoiriens mettent fin à la culture des crises répétées qui ont dévasté la nation et fracturé le tissu social. Il leur demande de faire preuve de compassion envers le peuple, qui a déjà trop souffert. En utilisant la métaphore du « match retour », l’artiste souligne le caractère répétitif et destructeur des luttes de pouvoir, qui se soldent toujours par des pertes humaines et des divisions profondes au sein de la société.
