AccueilNewsContributionCe que vivent les réfugiés ivoiriens au Ghana

Ce que vivent les réfugiés ivoiriens au Ghana

Installés depuis plus d’une décennie au Ghana après la crise électorale ivoirienne de 2011, environ un millier d’Ivoiriens font face à une situation de précarité grandissante. Malgré un accord leur garantissant un permis de séjour permanent, ils attendent encore la délivrance de ces documents essentiels pour une intégration pleine et entière.

Des conditions de vie précaires et des droits limités

Fuyant les violences électorales de 2011 en Côte d’Ivoire, ces réfugiés ivoiriens ont trouvé refuge au Ghana, où beaucoup ont refait leur vie. Commerçants, étudiants ou parents de jeunes familles, ils se sont installés durablement, sans envisager un retour en Côte d’Ivoire. Leur statut de réfugié, officiellement cessé en 2022, devait évoluer vers une régularisation leur permettant de vivre légalement au Ghana grâce à un accord entre le gouvernement ghanéen et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Cependant, ce processus est aujourd’hui en panne, plongeant ces anciens réfugiés dans une grande précarité.

Pour des personnes comme Geneviève Taboh, mère de sept enfants, qui s’est confiée à RFI, la réalité est bien loin de la protection promise. Résidant dans des logements rudimentaires, sans accès à un emploi formel ni aux services de base, elle déplore l’absence de soutien concret. Bien que leur carte de réfugié soit censée leur garantir certains droits, elle se révèle largement insuffisante. « Nous ne pouvons ni travailler, ni accéder à des soins adéquats », explique-t-elle. Une situation qui alimente frustration et sentiment d’abandon parmi cette communauté, malgré leurs efforts pour s’intégrer.

Un processus administratif qui s’enlise

Malgré la remise des passeports ivoiriens aux autorités ghanéennes en mars 2023, les anciens réfugiés attendent toujours leur permis de séjour permanent. Ce retard est attribué par le Bureau ghanéen des réfugiés à la complexité et au caractère inédit de cette démarche. « Il n’existe pas de procédure préétablie pour ce genre de transition », justifie Tetteh Padi, secrétaire exécutif de l’institution. Cependant, pour des personnes vivant dans l’incertitude depuis des années, cette explication est loin d’apaiser les tensions. L’association des Ivoiriens intégrés au Ghana prévoit d’organiser des manifestations pour obtenir une réponse rapide des autorités.

Alors que les autorités ghanéennes peinent à finaliser le processus, l’avenir de ces anciens réfugiés reste incertain. Incapables de travailler légalement ou d’accéder à des services de base, ils sont confrontés à une précarité croissante. Pour ces Ivoiriens, le permis de séjour est plus qu’un document administratif : il représente la clé d’une vie digne et sécurisée. Face à cette situation, un appel à une action rapide et décisive des autorités ghanéennes et des partenaires internationaux est plus que jamais nécessaire pour garantir leurs droits fondamentaux et leur permettre une véritable intégration.

Roseline GOUNDJO
Roseline GOUNDJO
Je suis Roseline Goundjo, journaliste rédactrice et je trouve plaisir dans la culture, la musique, la lecture et les voyages. Partie des appréciations des interautes sur mes différents écrits sur des sujets relatifs à la société, le People et les relations internationales, j'ai pris l'engagement de toujours les satisfaire.
ARTICLES SIMILAIRES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici