Le Conseil National de la Communication (CNC) du Cameroun a signé un pré-accord avec TikTok pour la régulation des contenus sur la plateforme. Cet accord, qui vise à éviter les contenus en ligne susceptibles de nuire à la paix et à la cohésion sociale, a suscité des réactions mitigées. En effet, bien que cette initiative soit perçue comme une mesure protectrice, notamment en période électorale, elle soulève également des inquiétudes quant à la liberté d’expression.
La collaboration CNC-TikTok : objectifs et enjeux
La rencontre entre le CNC et les représentants de TikTok pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre visait à discuter des moyens de collaboration pour une régulation inclusive des contenus en ligne, particulièrement en période pré-électorale. L’objectif principal est de lutter contre les discours de haine et les contenus pouvant porter atteinte à la paix sociale. Le CNC a salué les initiatives de TikTok, notamment la création d’un portail permettant de signaler les contenus illicites, facilitant ainsi le travail des régulateurs et de la société civile.
En période électorale, la régulation des contenus en ligne devient cruciale pour préserver l’intégrité des processus démocratiques. Maurice Simo Djom, expert en communication, souligne l’importance de filtrer les messages pouvant porter atteinte à l’intégrité électorale. Il suggère que le gouvernement camerounais sensibilise TikTok sur cette nécessité, afin de protéger les élections contre les ingérences et les manipulations en ligne.
Inquiétudes pour la liberté d’expression
Malgré les intentions louables de cette régulation, des voix s’élèvent contre les risques potentiels pour la liberté d’expression. Yannick Assonmo Necdem, journaliste et enseignant-chercheur, exprime des préoccupations sur le fait que le CNC, étant un organe gouvernemental, pourrait utiliser cette régulation comme prétexte pour museler les voix dissidentes. Il rappelle que la lutte contre les discours de haine ne doit pas servir de justification pour restreindre la liberté d’expression et réduire l’espace public démocratique.
L’inquiétude majeure réside dans la possible instrumentalisation de cette régulation pour censurer les opinions politiques de l’opposition et les voix indépendantes. En période pré-électorale, cette mesure pourrait être utilisée pour contrôler le discours public et limiter les critiques contre le gouvernement en place. Les régulateurs doivent donc trouver un équilibre délicat entre la protection de la société contre les contenus nuisibles et la préservation de la liberté d’expression.
