mercredi, juillet 22, 2026
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Tayc raconte son héritage afro-descendant avec Joÿa

Après avoir conquis un large public avec son univers afro lov’ et son succès international, Tayc ouvre un nouveau chapitre de sa carrière avec Joÿa. À travers cet album, le chanteur franco-camerounais s’éloigne des seuls récits amoureux pour proposer une œuvre qui interroge l’héritage afro-descendant, la spiritualité, le deuil et la transmission.

Un album nourri par les racines et la résilience

Le personnage de Joÿa, qui donne son nom à l’album, est une figure fictive. Tayc le décrit comme un esclave ayant conservé sa joie de vivre malgré les épreuves. Pour l’artiste, ce personnage symbolise un héritage partagé par de nombreux afro-descendants et permet d’aborder la mémoire sous l’angle de la résilience plutôt que de la souffrance.

L’album adopte une construction narrative avec un prologue, des interludes et un épilogue. Tayc explique avoir souhaité créer une œuvre qui raconte une histoire, à la manière d’une pièce de théâtre, où les voix, les sons et les silences participent au récit.

Le projet s’ouvre notamment sur des bruits de chaînes et des chants d’esclaves. L’artiste assume pleinement ce choix, qu’il considère comme une manière de raconter une histoire liée à son identité et à ses origines.

La création de Joÿa est également marquée par une épreuve personnelle. Après la disparition en 2024 d’un proche qu’il considérait comme un frère, Tayc explique avoir traversé une période de remise en question. Ce deuil l’a conduit à repenser sa carrière et à rechercher davantage de profondeur dans son écriture.

Son voyage au Cameroun, dans le village de son père, constitue un autre moment déterminant. Au contact de sa famille et des habitants, il dit avoir retrouvé l’envie de créer, inspiré par la capacité des personnes rencontrées à conserver leur joie de vivre malgré les difficultés du quotidien.

Une nouvelle orientation artistique pour l’afro lov’

Tayc revient également sur la naissance de l’afro lov’, le style musical qu’il a contribué à populariser. Il le présente comme une rencontre entre les sonorités afro, le R&B, la soul, le gospel et d’autres influences afro-descendantes, auxquelles s’ajoutent des textes souvent centrés sur les relations humaines.

Avec Joÿa, cette identité musicale évolue vers des thèmes plus introspectifs. L’artiste affirme vouloir transmettre davantage à travers ses chansons et proposer un contenu porteur de réflexion.

L’album réunit plusieurs collaborations avec Aya Nakamura, Lara Fabian, Masego et RnBoy. Tayc explique avoir sélectionné chacun de ces artistes en fonction du rôle qu’ils pouvaient jouer dans la construction du projet.

L’entretien met aussi en lumière son intérêt pour le cinéma. Depuis ses débuts, il cherche à raconter des histoires en images et espère, à terme, développer des projets dans cet univers. Cette ambition se retrouve dans les courts-métrages qui accompagnent désormais son travail musical.

À 30 ans, Tayc estime ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière. Après avoir construit sa réputation grâce à sa voix et à ses compositions, il souhaite désormais inscrire son œuvre dans une démarche de transmission et de mémoire. Alors que Joÿa poursuit son parcours auprès du public, l’artiste préfère laisser le temps à cet album de s’installer avant d’envisager une nouvelle étape de son développement à l’international.

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