Le gouvernement béninois prépare une vaste opération de libération foncière, déguerpissement dans la commune de Kétou. En Conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, un site de près de 1 000 hectares a été déclaré d’utilité publique. Objectif : y implanter une nouvelle Zone économique spéciale (ZES), dans une dynamique de coopération économique renforcée avec le Nigeria voisin. Une décision qui relance le débat sur les déguerpissements massifs et leurs impacts sociaux.
Une Zone économique spéciale stratégique à Illara
Selon les autorités, le périmètre concerné s’étend sur 983 hectares dans la localité d’Illara, commune de Kétou. Cette zone sera dédiée au développement d’activités agricoles et industrielles à fort potentiel, en particulier la production et la transformation de céréales destinées au marché nigérian. L’enjeu est d’attirer les investisseurs et de renforcer les chaînes de valeur agricoles, tout en créant de l’emploi local.
Le gouvernement voit en cette initiative une opportunité de stimuler la croissance, notamment dans les régions frontalières du sud-est béninois. Cette nouvelle zone vient s’ajouter aux autres ZES déjà existantes ou en projet, comme celles de Glo-Djigbé ou de Sèmè-Podji. Elle illustre aussi la volonté de faire du Bénin un pôle logistique et industriel régional tourné vers le Nigeria, première puissance économique d’Afrique de l’Ouest.
Vers une procédure de déguerpissement imminente
Conséquence immédiate de cette déclaration d’utilité publique : la procédure de libération des lieux est désormais enclenchée. Concrètement, cela signifie que des habitants, exploitants agricoles et autres occupants devront quitter les terrains ciblés. Aucun détail n’a pour l’instant été communiqué sur les modalités d’indemnisation ou de relogement, un point souvent sensible dans les précédentes opérations.
La perspective d’un nouveau déguerpissement massif pourrait raviver les critiques, notamment en matière de respect des droits fonciers et de concertation avec les populations locales. Si l’ambition économique est saluée, la gestion sociale du projet s’annonce comme un défi majeur à venir pour les autorités.
