Le président togolais Faure Gnassingbé a demandé une deuxième lecture de la nouvelle Constitution adoptée par le parlement togolais le 25 mars 2024. Cette décision intervient suite aux critiques et à l’indignation suscitées par les nouvelles dispositions du texte, qui prévoient un changement majeur dans le système politique du pays.
Une décision contestée
Le président Faure Gnassingbé a ordonné ce vendredi 29 mars 2024, une nouvelle lecture de la Constitution adoptée en début de semaine par l’Assemblée nationale togolaise. « Toute chose étant perfectible, et au regard de l’intérêt suscité au sein de la population par le texte depuis son adoption, le président de la République a demandé ce jour à la Présidente de l’Assemblée nationale de faire procéder à une deuxième lecture de la loi adoptée », peut-on lire dans le communiqué de presse de la Présidence. Cette décision fait suite à une forte réprobation de l’opposition et de la société civile, qui ont dénoncé un coup de force. Le texte adopté prévoit notamment la transition du Togo vers une nouvelle République, où il n’y aurait plus d’élection présidentielle au suffrage universel direct. Cette décision a suscité une vague d’indignation et d’incompréhension au sein de la population togolaise.
L’adoption de cette nouvelle Constitution a été vivement critiquée par une partie de l’opposition et de la société civile. Des voix se sont élevées pour dénoncer un manque de transparence dans le processus d’adoption du texte, ainsi que pour remettre en question la légitimité des députés à voter une telle loi alors que leur mandat a expiré. Les évêques togolais ont même appelé le président Faure Gnassingbé à surseoir à la promulgation de la loi. Dans ce contexte de tension sociale et politique, la décision du président de demander une deuxième lecture de la Constitution peut être perçue comme une tentative de calmer les esprits et de répondre aux préoccupations exprimées par une partie de la population.
Une stratégie politique ?
La demande du président Faure Gnassingbé de réexaminer la nouvelle Constitution soulève des questions sur ses motivations politiques. Alors que le Togo se prépare à des élections législatives et régionales le mois prochain, certains se demandent si cette décision n’est pas une stratégie pour apaiser les tensions et rétablir la confiance avant le scrutin. En effet, en réponse à la colère populaire, le président semble vouloir donner l’impression de prendre en compte les préoccupations du peuple en demandant une relecture du texte controversé.
