Après avoir vécu deux mois de tensions et de confinement dans son ambassade à Niamey, Sylvain Itté, l’ambassadeur de France au Niger a finalement quitté le pays. Son retour à Paris le 27 septembre a marqué la fin d’une période difficile marquée par des tensions survenues après le coup d’État du 26 juillet. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision TF1 le 28 septembre, Sylvain Itté a partagé son expérience, révélant les détails de sa mésaventure et les pressions subies.
La vie sous contrainte
Pendant son séjour forcé dans l’ambassade de France à Niamey, Sylvain Itté a vécu des conditions difficiles. Il a raconté comment les entreprises locales chargées de fournir des provisions à l’ambassade ont été « dissuadées, voire menacées », par les nouveaux dirigeants nigériens. Cette situation a conduit à une pénurie de fournitures essentielles, obligeant le personnel de l’ambassade à trouver des moyens ingénieux pour répondre à leurs besoins de base, notamment l’approvisionnement en nourriture et en eau.
Sylvain Itté a décrit le défi quotidien de faire face à une situation de plus en plus précaire. Les pressions exercées sur lui et son personnel visaient clairement à le faire céder. « Il fallait sortir les poubelles sans que nos amis de la junte s’en aperçoivent...Il s’agissait de faire rentrer de la nourriture, de l’eau, là aussi en faisant preuve d’ingéniosité », a déclaré Sylvain Itté sur TF1.
Par ailleurs, le désormais ex-ambassadeur de France au Niger, est revenu sur l’attaque violente qui a ciblé l’ambassade de France à Niamey le 30 juillet, quelques jours seulement après le coup d’État. Cette attaque « a duré plus de 2 h 30. Ce jour-là, nous étions collectivement en danger et nous sommes passés très, très près du drame, parce qu’il y avait plus de 6 000 personnes qui étaient là pour en découdre, qui étaient là pour rentrer dans l’ambassade. »
Malgré les épreuves et la fatigue accumulées au cours de ces deux mois tendus, Sylvain Itté demeure déterminé à poursuivre sa mission diplomatique.
