La polémique enfle autour du rappeur togolais Aamron, de son vrai nom Tchalla Essowè. Après avoir déclaré avoir pardonné au commandant qui l’avait torturé, l’artiste fait face à une vague de critiques. Sur les réseaux sociaux, certains l’accusent de « trahison », de « récupération politique » ou même d’avoir touché de l’argent. Il a donc publié une nouvelle mise au point pour défendre sa position et répondre aux attaques.
Aamron clarifie sa démarche politique
Aamron précise d’abord que sa démarche s’inscrit dans une stratégie réfléchie. Il dit chercher avant tout la libération de plusieurs détenus politiques. Selon lui, ce choix demande du courage et une grande maîtrise de soi. « Nous avons exigé la libération de X et Y. Pour le Togo et pour la liberté, aucun sacrifice n’est assez grand. Si je dois m’humilier pour que des gens sortent de prison, je vais le faire » affirme-t-il. Il estime que le débat public tourne trop autour des émotions. Il appelle donc les Togolais à dépasser la colère pour agir sur le terrain politique.
Face aux critiques, il insiste sur sa cohérence : « Je n’ai trahi personne. Quand je me regarde, je n’ai pas l’impression de m’être trahi. En pardonnant, je prends de la hauteur ». Il admet avoir commis des erreurs par le passé, mais il dit vouloir garder le même cap : défendre la justice et un climat politique apaisé. Il demande ainsi à ses détracteurs d’observer ses actes plutôt que de nourrir des procès d’intention.
L’artiste répond aux accusations d’argent et de favoritism
Plusieurs internautes répètent qu’Aamron aurait reçu de l’argent ou des privilèges. D’autres affirment qu’il aurait acheté un véhicule grâce à un arrangement politique. Le rappeur rejette ces allégations avec fermeté. « Vous inventez des rencontres et des situations. Vous dites que j’ai pris de l’argent, que j’ai acheté une voiture. Oui, je conduis une Toyota Highlander 2009. Allez vérifier au port combien ça coûte » ironise-t-il. Il rappelle aussi qu’une cagnotte de 25 000 euros avait été collectée pendant sa détention. « C’est vrai, cette somme a aidé pour les démarches judiciaires » explique-t-il.
Pour lui, ces accusations détournent l’attention du vrai enjeu : l’évolution du pays. « Le pays a besoin d’avancer. Nous voulons une justice équitable. Les propos que je tiendrai feront de moi un traître ou quelqu’un de loyal, mais je dirai la vérité » insiste-t-il. Aamron veut s’inscrire dans une démarche constructive. Il affirme vouloir contribuer à un climat politique plus sain, où la justice joue son rôle et où les citoyens peuvent exprimer leurs droits sans crainte. Selon lui, le Togo doit avancer et non s’enfermer dans des querelles sans issue. Sa prise de parole marque ainsi une nouvelle étape dans sa trajectoire militante.
