Une nouvelle escalade de tension entre le Burkina Faso et les États-Unis a été déclenchée après la publication d’une déclaration conjointe avec le Royaume-Uni, appuyant un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) accusant l’armée burkinabè d’avoir massacré 223 civils en février dans le nord du pays. Le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis, Eric P. Whitaker, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères burkinabè en réponse à cette déclaration.
Suspension des médias internationaux au Burkina Faso
En réponse aux informations diffusées sur la base du rapport de HRW, le Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso a suspendu une dizaine de médias internationaux, dont la BBC britannique et la Voix de l’Amérique américaine. Cette décision a été fermement critiquée par les États-Unis et le Royaume-Uni, qui ont déclaré s’opposer à toute restriction à la liberté de la presse et à la diffusion de l’information.
« Nous nous opposons fermement à la suspension de médias, tels que la Voix de l’Amérique (VOA) et la BBC, au blocage du site web de Human Rights Watch et aux restrictions imposées à tous les médias pour qu’ils s’abstiennent de relayer l’information à travers leurs articles », ont déclaré les des Etats-Unis d’Amérique et du Royaume-Uni dans leur déclaration conjointe.
Le Burkina Faso a réagi vivement à la déclaration conjointe des États-Unis et du Royaume-Uni, exprimant son étonnement que deux pays réputés pour leur rigueur scientifique aient réagi sur la base de conclusions jugées hâtives. Le gouvernement burkinabè a souligné sa volonté de mener une enquête approfondie sur les allégations de massacre et de demander des comptes aux responsables présumés. Le ministère des Affaires étrangères burkinabè a convoqué le jeudi 2 mai 2024, le chargé d’affaires des Etats-Unis.
