Près de deux mois après la finale tendue de la Coupe d’Afrique des nations opposant le Maroc au Sénégal, l’affaire des supporters sénégalais condamnés par la justice marocaine continue de susciter de fortes tensions. Dix-huit fans des Lions de la Teranga restent au cœur d’un dossier mêlant justice, pression populaire et négociations diplomatiques entre les deux pays.
Des peines lourdes après les incidents de la finale
Les faits remontent à la soirée de la finale disputée au Stade Prince Moulay Abdellah à Rabat. Après plusieurs incidents dans les tribunes, dix-huit supporters sénégalais avaient été arrêtés par les forces de l’ordre. Ils étaient accusés notamment de tentative d’envahissement de terrain et de jets de projectiles en direction de la pelouse.
Le tribunal marocain a finalement rendu son verdict en prononçant des peines de prison ferme. Neuf supporters ont été condamnés à un an d’emprisonnement. Six autres ont été condamnés à six mois de prison, tandis que trois personnes ont reçu des peines de trois mois.
Des amendes ont également été infligées. Ces décisions judiciaires ont rapidement suscité une forte émotion au Sénégal, où l’affaire est est largement relayée par les médias et les organisations de supporters et suivie de près par l’opinion publique.
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Un appel contesté qui crée la confusion
La situation s’est compliquée avec l’annonce d’un possible appel du jugement. Selon Me Patrick Kabou, avocat des supporters, le parquet marocain et la partie civile auraient interjeté appel du jugement rendu en première instance.
Cette annonce a provoqué la stupeur du côté sénégalais. La défense affirme que le délai légal pour faire appel avait expiré le 5 mars et qu’un certificat de non-appel devait être délivré par le greffe.
Un autre élément complique la lecture du dossier. Le délai de recours officiel expirait le mardi 3 mars 2026 et, à ce stade, ni la défense ni le procureur du Roi n’avaient contesté le verdict rendu le 19 février. En l’absence de recours, la condamnation devient définitive. La voie judiciaire se referme alors au profit d’une issue diplomatique.

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La piste diplomatique et la grâce royale
Face à l’impasse judiciaire, les autorités sénégalaises privilégient désormais la médiation avec Rabat. L’objectif consiste à obtenir un aménagement de peine ou un transfèrement des détenus.

Le président sénégalais a sollicité une grâce royale auprès du roi Mohammed VI. Le Premier ministre Ousmane Sonko mène parallèlement des discussions avec son homologue marocain Aziz Akhannouch. Lebougui, président de la commission juridique du comité de supporters, confirme qu’une demande de grâce est déjà rédigée.
Son dépôt dépend toutefois de l’obtention du certificat de non-appel, document qui atteste de la clôture définitive de la procédure. La rapidité des échanges diplomatiques entre Dakar et Rabat devient déterminante. L’enjeu est d’écourter la détention des supporters et d’apaiser les tensions suscitées par cette affaire.
