Au Sénégal, le climat politique devient de plus en plus tendu à mesure que les accusations et les mises en garde se multiplient. Lors de l’émission « PLURIEL » diffusée le mercredi 14 août 2024, l’honorable députée Mame Gueye Diop, membre de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY), a adressé un avertissement clair au Président Bassirou Diomaye Faye. La parlementaire a exprimé de sérieuses préoccupations concernant ce qu’il perçoit comme une possible instrumentalisation de la justice à des fins politiques, mettant en garde contre toute tentative de poursuites judiciaires sélectives visant à réduire au silence des figures de l’opposition.
Les avertissements du député Mame Gueye Diop
Lors de l’émission « PLURIEL », animée par François Xavier Thiaw, Mame Gueye Diop n’a pas mâché ses mots. Elle a dénoncé ce qu’il qualifie de « vendetta politique », une situation où certaines personnalités politiques, notamment celles affiliées à l’opposition, seraient ciblées dans le cadre de la reddition des comptes. La députée a souligné que cette approche pourrait conduire à une perception d’injustice et de partialité au sein du système judiciaire sénégalais, ce qui serait, selon lui, extrêmement dangereux pour la démocratie et la stabilité du pays.
« Nous n’accepterons pas de ciblage dans la reddition des comptes, surtout à l’encontre de personnes d’une certaine appartenance politique qu’on tenterait de réduire au silence », a déclaré Mame Gueye Diop, manifestant ainsi son inquiétude face à ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire potentielle. Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs figures politiques de l’ancienne majorité, sous le régime du Président Macky Sall, sont confrontées à des enquêtes et des poursuites judiciaires, alimentant les spéculations sur un éventuel « nettoyage » politique.
Une reddition des comptes nécessaire mais équitable
Malgré ses critiques, Mame Gueye Diop n’a pas pour autant rejeté l’idée d’une reddition des comptes. Au contraire, elle a exprimé son soutien à une telle démarche, à condition qu’elle soit menée de manière équitable et impartiale. Selon elle, si les actions menées sous le régime de l’ancien Président Macky Sall doivent être examinées, cela doit se faire dans le respect des principes de justice et sans discrimination.
« Je suis favorable à la reddition des comptes. Si nous devons répondre de notre gestion passée lorsque nous étions au pouvoir, nous le ferons devant la justice », a affirmé la députée. Cette position montre que, bien que Mame Gueye Diop soutienne l’idée d’une transparence dans la gestion des affaires publiques, elle reste vigilant quant à la manière dont cette transparence est mise en œuvre. Elle appelle ainsi à une justice impartiale, qui ne se laisserait pas influencer par des considérations politiques.
Le spectre d’une crise politique
Les mises en garde de Mame Gueye Diop ne sont pas à prendre à la légère, car elles révèlent une inquiétude croissante au sein de la classe politique sénégalaise. Si la justice est perçue comme un outil de répression politique, cela pourrait engendrer une crise de confiance non seulement au sein des institutions, mais aussi parmi la population. Dans un pays où la stabilité politique est cruciale pour le développement économique et social, toute tentative de manipulation de la justice pourrait avoir des conséquences désastreuses.
De plus, l’avertissement du député intervient à un moment où le Sénégal est confronté à de nombreux défis, tant sur le plan économique que sécuritaire. Dans ce contexte, il est essentiel que les institutions demeurent solides et impartiales pour éviter toute déstabilisation. Le Président Bassirou Diomaye Faye, en tant que garant de l’unité nationale, est donc placé devant une responsabilité majeure : celle de s’assurer que la justice reste indépendante et que les poursuites engagées ne soient pas perçues comme une chasse aux sorcières politique.
