À moins d’un mois de la présidentielle au Cameroun, Paul Biya, président sortant, âgé de 92 ans et candidat pour un autre mandat, fait peur à l’opposition. L’opposant Issa Tchiroma Bakary se positionne comme le candidat consensuel de l’Union pour le Changement. Confiant dans ses chances, il estime que seule une mobilisation massive permettra de battre le président sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans.
Issa Tchiroma Bakary, un ancien ministre devenu opposant déterminé
Issa Tchiroma Bakary connaît bien les rouages du pouvoir au Cameroun. Ministre sous Paul Biya pendant seize années, il a quitté le gouvernement en juin dernier avant de se lancer dans la course présidentielle. Aujourd’hui, à la tête du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), il est désigné « candidat consensuel de l’opposition » par l’Union pour le Changement.
Toutefois, cette désignation suscite des interrogations. Aucun autre candidat de l’opposition n’a officiellement salué sa nomination, alimentant les doutes sur une véritable union autour de sa candidature. Pour certains observateurs, ce consensus annoncé pourrait n’être qu’un trompe-l’œil, révélant les divisions persistantes au sein de l’opposition camerounaise.
Issa Tchiroma Bakary appelle à un « raz-de-marée » contre Paul Biya
Interrogé par RFI, Issa Tchiroma Bakary n’a pas mâché ses mots face à la longévité politique de Paul Biya. « Il faudrait que cette victoire soit un raz de marée comparable à rien d’autre, parce que la victoire sera massive, une victoire inexorable », a-t-il affirmé. Pour lui, seule une mobilisation sans précédent du peuple camerounais pourra faire basculer le scrutin.
L’opposant va plus loin, en prédisant un effondrement électoral du président sortant. « Je suis persuadé que le président ne fera pas 15 à 20%. C’est impensable. Ensemble, nous sommes en mesure d’avoir cette victoire écrasante. Elle est inexorable, elle est inévitable », a-t-il martelé. Un discours volontairement offensif qui vise à galvaniser l’électorat et à transformer la présidentielle du 12 octobre en plébiscite contre Paul Biya.
Reste à savoir si ce discours mobilisateur suffira à surmonter les divisions de l’opposition et à entraîner une dynamique nationale. Le scrutin s’annonce décisif et pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique du Cameroun.
