Le débat sur la réussite éclatante des communautés chinoises et libanaises en Afrique continue d’agiter les réseaux sociaux. Face à ce constat, l’entrepreneur ivoirien Stéphane Sucré a livré une analyse percutante sur les raisons de ce succès, pointant du doigt les faiblesses d’organisation et de mentalité chez les Africains eux-mêmes.
Solidarité et stratégie collective : les clés du succès
Pour Stéphane Sucré, la réussite des Chinois et des Libanais en Afrique ne relève pas du hasard, mais d’une stratégie bien huilée. Dans une publication sur Facebook, il a souligné que ces communautés fonctionnent sur un principe essentiel : la solidarité. Ils cotisent entre eux pour ouvrir des industries, alimentent des caisses communes et se portent garants les uns pour les autres auprès des banques. Une organisation qui leur permet de mobiliser des capitaux importants et de sécuriser leurs investissements.
À l’inverse, l’entrepreneur ivoirien regrette que chez les Africains, l’argent collecté serve souvent à financer des fêtes ou des funérailles, plutôt qu’à bâtir des projets durables. « Ici, quelqu’un disparaît avec la caisse », note-t-il, déplorant un manque de confiance et de discipline collective. Cette différence fondamentale explique, selon lui, pourquoi les Chinois et Libanais parviennent à créer des empires économiques là où les initiatives locales peinent à durer.
Mentalités et rapport au risque : deux mondes opposés
Un autre facteur déterminant relevé par Stéphane Sucré est le rapport au risque et à l’investissement. Les Chinois et les Libanais, explique-t-il, n’hésitent pas à injecter des sommes importantes dans un projet et à attendre patiemment plusieurs années avant d’en récolter les fruits. « Ils peuvent mettre 100 millions dans la communication d’un petit restaurant et attendre que ça marche trois ans après », illustre-t-il.
Les entrepreneurs africains, en revanche, voudraient des résultats immédiats. « Nous ici, on ouvre restaurant aujourd’hui, on veut faire 100 millions la semaine prochaine », critique-t-il. À cela s’ajoute une tendance à la rivalité destructrice : au lieu de se soutenir, beaucoup préfèrent copier les activités de leurs frères pour leur faire concurrence, parfois même les freiner. Ce manque de cohésion, selon lui, empêche l’émergence d’un véritable tissu entrepreneurial solide.
