L’élection Miss Univers 2025 n’en finit plus de provoquer des secousses. Après le sacre contesté de la Mexicaine Fátima Bosch, de nouvelles déclarations relancent la tempête. Raul Rocha, président de l’Organisation Miss Univers (MUO), affirme que l’Ivoirienne Olivia Yacé aurait été désavantagée par un « passeport faible », une sortie qui a immédiatement enflammé la toile et suscité une vague d’indignation internationale. Entre accusations de discrimination, défense des candidates africaines et rappels factuels sur les exigences du concours, cette affaire bouleverse la crédibilité de Miss Univers 2025 et alimente un débat inédit.
Les propos de Raul Rocha déclenchent une onde de choc
Dans une vidéo en direct diffusée le mardi 25 novembre, Raul Rocha tente d’expliquer pourquoi Olivia Yacé n’a pas remporté Miss Univers 2025. Ses propos deviennent rapidement viraux. Il déclare : « Pour ceux qui se demandent pourquoi la Côte d’Ivoire n’a pas gagné, il y a beaucoup de choses à prendre en compte ». Il ajoute ensuite : « La Côte d’Ivoire a besoin – allez sur Google – de voir combien de pays exigent un visa pour entrer : 175 ! ». Selon lui, ce facteur aurait pesé lourd, car la gagnante du concours doit voyager à travers le monde pour remplir ses fonctions.
Rocha insiste sur cette contrainte logistique. Il affirme : « Le poste est pour un an en tant que Miss Univers ; 175 pays demandent des visas pour la Côte d’Ivoire. Eh bien, elle va donc être Miss Univers et risque de passer une année entière dans un appartement ». Ces déclarations, jugées absurdes ou discriminatoires selon de nombreux internautes, suscitent un tollé immédiat. À l’heure actuelle, Olivia Yacé n’a pas répondu publiquement. Sa décision de renoncer au titre de Miss Univers Afrique et Océanie, annoncée deux jours plus tôt, prend toutefois une nouvelle dimension.
Pour rappel, Yacé est la fille du diplomate Jean-Marc Yacé, maire de Cocody et consul honoraire du Mexique en Côte d’Ivoire. Plusieurs sources affirment également qu’elle détient un passeport américain, offrant un accès sans visa à 180 pays. Rocha ne s’est pas exprimé sur cet élément.
Un débat explosif sur la « force du passeport » dans Miss Univers
Les affirmations de Rocha ouvrent un nouveau débat : la puissance d’un passeport conditionne-t-elle les chances de remporter Miss Univers ? Officiellement, aucune règle ne mentionne ce critère. L’indice Henley des passeports, souvent cité, classe la Côte d’Ivoire à la 83e place, avec un accès sans visa à 58 pays. En comparaison, le Mexique se situe à la 23e place, avec 157 destinations accessibles sans visa. La Thaïlande, le Venezuela et les Philippines — représentés par les candidates du Top 5 — bénéficient également d’un statut intermédiaire.
Cependant, Miss Univers n’a jamais exigé de passeport puissant pour candidater. Depuis sa création, aucune mention officielle n’impose une capacité de circulation internationale élevée. L’Organisation Miss Univers Philippines, contactée pour clarifier ce point, n’a pas encore répondu. Les propos de Rocha semblent donc reposer sur une interprétation personnelle plutôt que sur une règle codifiée. Cette position divise. Certains estiment que l’explication logistique pourrait être réelle dans le fonctionnement du concours. D’autres y voient un prétexte maladroit pour justifier le classement final. Quoi qu’il en soit, l’argument du « passeport faible » crée un débat mondial sur les inégalités géopolitiques entre candidates.
La réaction d’Ophely Mezino relance les accusations de discrimination
Quelques heures après les propos de Rocha, l’ancienne dauphine de Miss France, Ophely Mezino, Miss Guadeloupe prend publiquement la défense d’Olivia Yacé. Dans une story Instagram très partagée, elle dénonce ce qu’elle considère comme une justification discriminatoire. Elle écrit : « Vous cherchez une excuse raciste pour justifier le fait que vous n’ayez pas choisi quelqu’un de hautement qualifié pour le poste ? ». Elle ajoute ensuite : « Ma copine a un passeport américain ! De quoi parlez-vous ? ».
Pour Mezino, les affirmations de Raul Rocha constituent une injustice grave qui porte atteinte à l’intégrité des candidates. Elle accuse la MUO de « voler l’espoir de millions de personnes » et de manquer de respect aux pays dont les représentantes ont été écartées du Top 30 ou du Top 5. « C’est la pire excuse que j’aie jamais entendue. C’est une humiliation », écrit-elle. Cette prise de position amplifie le débat. Elle met en lumière le sentiment croissant d’injustice ressenti par plusieurs participantes, notamment celles issues de petits territoires ou de pays africains. Elle dynamise aussi le mouvement de soutien à Olivia Yacé, déjà très présent sur les réseaux sociaux.
