Connue pour ses prises de position radicales et ses discours enflammés, la figure du panafricanisme, Kemi Seba a reçu un accueil mitigé lors de son récent séjour au Burkina Faso. Prévu pour galvaniser les jeunes et renforcer les liens avec ses partisans locaux, son meeting a été marqué par un boycott surprenant.
À Ouagadougou, une désillusion pour l’activiste Kemi Seba ?
Au Burkina Faso depuis quelques jours, l’activiste béninois, le panafricaniste Kemi Seba a été reçu par le président Ibrahim Traoré. Le point culminant de sa visite, devait être un grand meeting prévu pour le samedi 15 juin 2024, à Ouagadougou. Cependant, ce qui devait être un événement mobilisateur n’a pu se tenir. En effet, selon Africanews, la salle de réunion est restée quasi vide, à l’exception de quelques fans dévoués. Kemi Seba lui-même ne s’est pas présenté, laissant les participants dans une déception palpable. « Complètement déçus parce que nous sommes là depuis 14 h voilà et attendre pendant 2 h voir 3 h et au final, on vient vous annoncer que la conférence n’aura pas lieu, c’est vraiment une déception totale », a indiqué Kader Zongo, un jeune burkinabé interrogé par Africanews.
Ce sentiment de désillusion reflète un fossé grandissant entre les aspirations des jeunes et les discours des leaders panafricanistes. Pour de certains jeunes burkinabés interrogés par le média, les discours panafricains semblent déconnectés des réalités quotidiennes. Alors que des milliers de jeunes risquent leur vie en tentant de rejoindre l’Europe, la quête d’un avenir meilleur sur le continent paraît de plus en plus illusoire. Kader Zongo souligne que la faute revient principalement aux dirigeants qui ne parviennent pas à offrir des perspectives d’avenir aux jeunes. « Ce que nos dirigeants offrent aux jeunes qui décident de braver les eaux pour aller en Occident, c’est ce qui pose problème », a-t-il déclaré. Les jeunes burkinabés appellent à des actions concrètes de la part des autorités.
Kemi Seba et la controverse des drapeaux russes
Fréquemment accusé de promouvoir les intérêts russes en Afrique, Kemi Seba a tenu à clarifier sa position lors d’une conférence de presse. « Si la Russie fait l’erreur de reproduire les mêmes schémas néocoloniaux que la France, nous combattrons la Russie », a-t-il déclaré avec fermeté. L’activiste a également exprimé son désaccord avec l’utilisation des drapeaux russes lors des manifestations en Afrique, affirmant que cela reflète une dépendance et une humiliation non nécessaires. « Vous ne verrez pas des drapeaux du Burkina Faso lors des manifestations en Russie », a-t-il ajouté, appelant à une prise de conscience et à une affirmation de l’indépendance africaine.
