Dans un contexte de tensions croissantes au Sahel et de retrait stratégique au Niger, les États-Unis cherchent à renforcer leur coopération sécuritaire avec certains pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Cette réorientation s’inscrit dans un effort renouvelé pour contenir la menace terroriste qui descend progressivement vers le sud, touchant des pays tels que la Côte d’Ivoire et le Bénin.
Nouvelle stratégie de coopération sécuritaire des États-Unis
L’éviction des troupes américaines du Niger, annoncée en avril dernier, a contraint Washington à repenser sa présence militaire en Afrique de l’Ouest. Avec le départ précipité d’environ un millier de soldats, les États-Unis ont perdu une base stratégique essentielle, la base aérienne 201 située à Agadez, qui avait été un pilier majeur de leur dispositif de sécurité dans la région. Cette base, inaugurée en 2019, permettait des opérations de surveillance et de reconnaissance sur une vaste partie du Sahel, y compris des vols de drones MQ-9 Reaper.
Le retrait du Niger est intervenu dans un contexte où les nouvelles autorités nigériennes, sous la direction du général Abdourahamane Tiani, ont choisi de réaffirmer leur souveraineté en matière de défense en limitant la présence militaire étrangère sur leur sol. Cette décision a marqué un tournant pour les États-Unis, les obligeant à chercher de nouveaux partenaires et à réorganiser leur stratégie pour maintenir une influence dans la région.
Développement de partenariats en Côte d’Ivoire et au Bénin
Les États-Unis se tournent vers des pays côtiers comme la Côte d’Ivoire et le Bénin pour réorganiser leur dispositif militaire, selon le journal Le Point. La Côte d’Ivoire, avec ses frontières septentrionales avec le Burkina Faso, la Guinée et le Mali, offre une position stratégique clé. De son côté, le Bénin, qui partage des frontières avec le Burkina Faso et le Niger, est également considéré comme un partenaire potentiel.
La relation entre la Côte d’Ivoire et les États-Unis est déjà bien établie, avec des collaborations antérieures dans la lutte contre le terrorisme. En janvier, le président ivoirien Alassane Ouattara a exprimé sa gratitude envers Washington pour son soutien continu. Ce partenariat pourrait se renforcer davantage, bien que le général Kenneth P. Ekman ait précisé que la création de nouvelles bases n’était pas à l’ordre du jour, préférant utiliser les infrastructures existantes pour renforcer la coopération. La coopération sécuritaire entre les États-Unis et l’Afrique de l’Ouest ne se limite pas uniquement au déploiement de troupes. Elle englobe également des domaines tels que le renseignement, la reconnaissance, la formation des forces locales et le soutien logistique.
