L’actrice camerounaise Esther Biiga a récemment exprimé sa profonde indignation face aux conditions précaires qui sévissent dans le milieu du cinéma au Cameroun. Elle a notamment critiqué le manque de soutien aux artistes, soulignant que, souvent, après le décès d’un acteur, des collectes sont organisées via des groupes WhatsApp pour financer les obsèques. Cette situation, selon elle, illustre l’abandon dont sont victimes les professionnels du secteur.
Esther Biiga dénonce les dérives de l’industrie cinématographique camerounaise
Esther Biiga a également pointé du doigt certaines pratiques douteuses de la part de producteurs, évoquant des « castings canapés » où des avances sexuelles sont faites à 95% des actrices, tandis que les 5% restantes, refusant ces propositions, peinent à obtenir des rôles ou sont rémunérées de manière dérisoire. Elle a aussi mis en lumière les difficultés liées à la distribution des œuvres cinématographiques, affirmant que même les productions de qualité peinent à être diffusées sur les plateformes digitales sans une exploitation préalable à la télévision pendant plusieurs années. Cependant, l’accès aux chaînes télévisées est souvent entravé par des obstacles internes, rendant la rentabilité des films quasi impossible.
« Un pays où après le décès de chaque artiste on doit ouvrir un groupe whatsaap pour cotiser et vous allez me demander pourquoi j’ai arrêté avec le cinéma…Nous sommes abandonnées à nous-mêmes. Le peu de producteurs qui parviennent encore à s’en sortir va faire casting canapé 95% et le reste des 5% qui sont allergiques au sexe vite fait, sans lendemain sur une position à cheval va recevoir son dû s’il prie beaucoup en monnaie de singe. Produire un film n’est pas le soucis. Le problème c’est où le vendre aucune vrai œuvre ne passera sous le digital sans à avoir été exploité en télévision. Pendant au moins 2 a 3 ans car il faut bien que tu rentabilises. Même là-bas aussi ils ont fermé les tuyaux. On va te dire il y’a déjà quelqu’un dans votre pays qui gère ça, ce quelqu’un-là ne laisserait jamais ses œuvres dans les tiroirs pour laisser diffuser les vôtres », a déclaré Esther Biiga en substance.
Une reconversion vers l’accompagnement des couples
Face à ces défis et désillusions, Esther Biiga a décidé de se retirer du monde du cinéma pour se consacrer à une nouvelle vocation. Elle a fondé une agence de mise en relation pour les couples, intitulée « Mon Couple, Mon Combat ». Cette initiative vise à aider les individus à trouver des partenaires compatibles et à offrir un soutien aux couples en difficulté. Sur sa page Facebook, elle partage régulièrement des témoignages et des conseils destinés à renforcer les relations amoureuses. Cette reconversion témoigne de sa volonté de contribuer positivement à la société, en apportant son expertise et son soutien à ceux qui en ont besoin.
