Côte d’Ivoire : le gouvernement serre la vis contre la spéculation sur le cacao

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Côte d'Ivoire : le gouvernement serre la vis contre la spéculation sur le cacao

Le gouvernement ivoirien hausse le ton face aux pratiques spéculatives dans la filière cacao. Lors du Conseil des ministres du 22 juillet, les autorités ont averti que les opérateurs cherchant à détourner les règles de commercialisation des stocks rachetés par l’État s’exposeraient à des sanctions. Cette mise en garde intervient alors que la Côte d’Ivoire poursuit ses efforts pour préserver le prix garanti aux producteurs dans un contexte de forte volatilité des marchés internationaux.

Abidjan défend le mécanisme de soutien aux producteurs

À l’issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a rappelé que l’État avait mobilisé 291 milliards de FCFA en janvier 2026 pour racheter les stocks invendus de cacao de la campagne principale 2025-2026. Cette opération exceptionnelle visait à écouler les volumes restés bloqués chez certains exportateurs et coopératives après la clôture de la campagne.

Le gouvernement affirme que ce dispositif avait pour objectif de protéger les planteurs et de garantir le bon fonctionnement du marché. Les autorités préviennent que toute tentative d’utiliser ces stocks pour contourner les règles de commercialisation ou exercer une pression sur les prix d’achat aux producteurs pourra entraîner des sanctions administratives et pénales.

Le Conseil du Café-Cacao (CCC) avait déjà engagé des contrôles dans les ports d’Abidjan et de San Pedro afin de vérifier l’origine des cargaisons concernées et d’identifier les stocks réellement éligibles au mécanisme de soutien.

Une régulation renforcée pour restaurer la confiance dans la filière

Depuis l’ouverture de la campagne intermédiaire, le 4 mars 2026, les autorités ont fixé un prix minimum garanti de 1 200 FCFA par kilogramme afin de protéger les revenus des producteurs face aux fluctuations des cours mondiaux.

Le CCC rappelle que les opérateurs agréés doivent respecter des règles strictes de traçabilité et de commercialisation. Pour la campagne 2025-2026, seuls 65 acheteurs sont autorisés à intervenir sur le marché. Les structures reconnues coupables de pratiques spéculatives risquent notamment la suspension de leurs autorisations d’achat et de leur accès au système officiel de commercialisation.

Le gouvernement inscrit ces mesures dans une stratégie plus large de réforme de la filière. En juin 2026, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont annoncé leur volonté de renforcer leur coopération afin d’améliorer le partage de la valeur créée par le cacao et d’assurer une rémunération plus favorable aux producteurs.

La Journée nationale des acteurs de la filière Café-Cacao, prévue le 26 juillet à Duékoué, devrait permettre aux autorités, aux organisations paysannes et aux acheteurs de débattre des nouvelles règles de commercialisation. Les échanges porteront notamment sur l’écoulement des stocks résiduels, après l’attribution de 23 000 tonnes de cacao à l’Organisation interprofessionnelle agricole Café-Cacao pour soutenir les producteurs, ainsi que sur les moyens de renforcer la transparence et la confiance au sein de la filière.