Une affaire judiciaire secoue le poste de péage d’Ekpè au Bénin, où sept agents de la Société des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (SIRAT) sont poursuivis pour manquants financiers et violation des règlements de la société. Le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis des peines de prison contre certains des agents accusés d’abus de fonctions.
Les agents de la SIRAT au centre d’une affaire judiciaire
Le poste de péage d’Ekpè est devenu le théâtre d’une enquête judiciaire après des constats de manquants financiers et de violations des règlements de la SIRAT. Sept agents de la SIRAT sont impliqués dans cette affaire, qui a été examinée lors de l’audience correctionnelle du 2 novembre 2023 à Porto-Novo.
Parmi les agents poursuivis, trois sont accusés d’avoir gardé de l’argent sur eux en se rendant à leur poste de travail, ce qui est en violation des règlements de la société. Selon les règles de la SIRAT, aucun agent ne devrait transporter d’argent sur lui en se dirigeant vers son guichet. Les accusations ont révélé que deux agents du guichet de passage des véhicules quatre roues avaient respectivement 500 et 69 000 FCFA en leur possession, tandis qu’un troisième agent travaillant au guichet des poids lourds avait 335 000 FCFA dans sa poche.
De plus, un manquant d’environ 23 000 FCFA a été enregistré au guichet des poids lourds pendant cette journée, ce qui a déclenché l’enquête. La société avait ordonné un contrôle inopiné en réponse à la baisse des recettes journalières du péage.
Les réquisitions du parquet spécial
Lors de l’audience, le deuxième procureur spécial a requis une peine d’emprisonnement pour l’agent travaillant au guichet des poids lourds. Le magistrat a affirmé que le prévenu n’avait pas coopéré pleinement pour éclaircir les circonstances entourant les 335 000 FCFA retrouvés sur lui. Le prévenu avait d’abord affirmé que l’argent appartenait à sa belle-sœur, mais cette dernière a nié ces allégations. Plus tard, l’agent a prétendu que l’argent était destiné à payer sa scolarité.
Outre l’apport d’argent au poste, le magistrat a reproché au prévenu d’avoir tenté de détourner l’enquête en suivant une fausse piste. Le procureur spécial a demandé aux juges de retenir le prévenu dans les liens de la prévention et de le condamner à cinq ans de prison, dont un an ferme, ainsi qu’à une amende de deux millions de FCFA.
Pour les six autres agents du dossier, le substitut du procureur a plaidé en faveur de leur relaxe, arguant du bénéfice du doute. Il a également proposé que tous les prévenus soient contraints de payer solidairement la somme de 427 000 FCFA à la SIRAT.
Les plaidoyers des avocats de la défense
L’avocat de l’agent travaillant au guichet des poids lourds a plaidé en faveur de la relaxe de son client. Il a fait valoir que la somme retrouvée sur son client n’appartenait pas à la SIRAT et que les manquants constatés à son poste s’élevaient à seulement 23 000 FCFA. L’avocat a également soutenu qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour étayer les accusations d’abus de fonctions.
D’autres avocats de la défense ont également plaidé en faveur de la relaxe pure et simple, en se fondant sur le bénéfice du doute. Ils ont contesté les accusations portées contre les six autres agents et ont insisté sur l’absence de preuves tangibles pour étayer les allégations d’infractions.
Après les débats, la Cour a décidé de reporter le délibéré au 21 décembre 2023. Le verdict final déterminera les destinées des agents poursuivis, en particulier celui de l’agent travaillant au guichet des poids lourds, qui fait face à des accusations plus graves. Cette affaire met en lumière l’importance de l’intégrité et de la conformité aux règlements dans le secteur des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire.