Sous l’impulsion du parti Les Démocrates, fondé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, une coalition de l’opposition au Bénin, a annoncé la création d’un cadre de concertation le dimanche 10 novembre 2024, à Cotonou. L’objectif de cette alliance, composée de plusieurs formations politiques telles que le Mouvement pour la libération (MPL), la Grande solidarité républicaine (GSR), la Nouvelle force nationale (NFN) et le mouvement Nous le ferons, est clair : redresser une démocratie qu’ils estiment endommagée et s’assurer que les élections générales de 2026 soient libres et transparentes.
Une feuille de route vers des élections transparentes
Lors de cette réunion, les dirigeants de la coalition ont exposé une feuille de route visant à restaurer la confiance dans le processus électoral. Ils entendent soumettre une demande au président de la République pour réaliser un audit complet du fichier électoral, un point qu’ils estiment essentiel pour assurer des élections apaisées. À cette revendication s’ajoute la volonté d’ouvrir le dialogue sur les réformes électorales, perçues comme divisant la population. En ce sens, Joël Godonou, député et représentant de la coalition, a insisté sur l’importance d’une rencontre pour aborder « toutes les questions qui fâchent » afin de sortir d’une impasse qui compromet, selon eux, la stabilité politique du pays.
Des demandes pour libérer les détenus politiques et faciliter le retour des exilés
La coalition de l’opposition se concentre également sur la situation des détenus politiques et des exilés, dont la libération et le retour font partie de leurs exigences principales. Pour Eugène Azatassou, dirigeant de cette nouvelle alliance, il est impératif que le gouvernement fasse un geste en faveur des personnes emprisonnées pour leurs opinions politiques et permette le retour de ceux qui ont dû fuir le pays. Cette démarche vise à restaurer un climat de paix et de réconciliation nationale, renforçant ainsi l’idée que l’opposition souhaite que le Bénin retrouve « le droit chemin ». Ce cadre de concertation espère ainsi poser les bases d’une démocratie plus inclusive et d’une société civile libre de ses mouvements.
Bien que la coalition ne compte pour l’instant que cinq formations politiques, son ambition est de rassembler un plus grand nombre de partis autour de sa cause. Eric Houndété, vice-président du parti Les Démocrates, a exprimé l’espoir que d’autres acteurs de l’opposition rejoindront ce mouvement dans les mois à venir. Daniel Edah, président du mouvement Nous le ferons, a également affirmé que ce cadre de concertation est né avec l’intention de perdurer jusqu’aux élections de 2026, contrairement aux alliances éphémères du passé. Dirigée par un bureau de six membres, avec Les Démocrates occupant la présidence et le secrétariat exécutif, la coalition se structure pour affronter les défis de cette période charnière dans l’histoire politique du Bénin.
