L’activiste ivoirien Johnny Patcheko, figure controversée et connu pour ses critiques virulentes contre le régime d’Alassane Ouattara, affirme être victime d’un vaste complot visant à l’isoler. Ses comptes Facebook et YouTube ont été supprimés, et il assure aujourd’hui être « banni de Google ».
Des accusations lourdes et une suppression inattendue
Dans une récente déclaration, Johnny Patcheko a exprimé sa surprise et sa colère après la disparition soudaine de ses principales plateformes de communication. Selon lui, des détracteurs auraient envoyé à YouTube et Facebook des signalements l’accusant de terrorisme, de liens avec l’AES (Alliance des États du Sahel), de financement par la Russie et même d’incitation à la haine. Ces allégations, affirme-t-il, auraient suffi à provoquer la fermeture de ses pages.
« Je n’ai plus de moyens pour parler aux Ivoiriens », s’est-il indigné, estimant que cette double sanction numérique s’ajoute aux poursuites judiciaires qu’il dit subir. L’activiste parle d’un plan orchestré pour l’empêcher d’exprimer ses opinions et couper le lien avec ses partisans, en Côte d’Ivoire comme dans la diaspora.
Entre isolement numérique et pression judiciaire
Johnny Patcheko voit dans cette situation une manœuvre politique destinée à l’étouffer. « Mes ennemis m’isolent : ils veulent me couper du monde », a-t-il lancé dans un message teinté d’amertume. Il compare son expérience à de la « sorcellerie », soulignant le caractère simultané de la suppression de ses comptes et de ses démêlés avec la justice.
L’activiste dénonce également un système de surveillance automatisé qui ferait disparaître toute vidéo où son visage apparaît. « Aujourd’hui je suis banni sur Google : dès que mon visage apparaît dans une vidéo YouTube, la vidéo est supprimée », affirme-t-il, décrivant une situation kafkaïenne qui limiterait drastiquement sa liberté d’expression.
Quoi qu’il en soit, le cas Patcheko illustre une question plus large : la puissance des plateformes numériques et leur rôle dans la gestion des voix critiques en Afrique. Derrière cette polémique se cache un débat de fond sur la liberté d’expression à l’ère digitale et sur la frontière fragile entre régulation et censure.
